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mercredi 12 juin 2019

Le Four Solaire d'Augustin Mouchot, présenté à l'Exposition universelle de 1878 à Paris



L’Appareil Mouchot (Le Monde Illustré 1878)

On sait que la première tentative d’utilisation des rayons solaires remonte à Archimède qui, 300 ans avant notre ère, employa des miroirs ardents pour incendier les vaisseaux romains qui assiégeaient Syracuse, et que cette question préoccupa vivement les alchimistes et les physiciens du moyen âge.

Les premiers essais en vue d’obtenir un résultat industriel sont dus à un Français, Salomon de Caus, dont les travaux ont été remis en lumière à l’occasion de la belle découverte des propriétés de la vapeur ; mais l’état des sciences ne lui permit pas de tirer parti de son idée. Il fallait que les savantes recherches des Ducarla, des de Saussure, des Mariotte, Melloni, Pouillet, vinssent éclairer la question pour qu’elle fût résolue avec la simplicité qui la caractérise aujourd’hui.

« Un entonnoir et un verre de lampe, disait dernièrement M. Abel Pifre dans une conférence très marquée sur l’utilisation directe de la chaleur solaire, voilà tout l’appareil, » et de fait il n’y a pas autre chose dans les petits modèles ; pour les grands, les proportions sont changées, rien de plus.

Au moyen d’un mécanisme simple et qu’un enfant peut manœuvrer, on oriente le générateur solaire dans la direction du soleil. Ses rayons arrivent parallèlement sur la surface du réflecteur. Ils sont réfléchis normalement sur l’enveloppe du verre. Ils la traversent sans difficulté, car le verre laisse parfaitement passer les rayons lumineux ; mais dès qu’ils l’ont penché, rencontrant la chaudière noircie qui se trouve dans l’axe du réflecteur, ils sont transformés en chaleur obscure et restent prisonniers dans l’enceinte vitrée, désormais impénétrable pour eux. Tout l’artifice est là.

Les résultats obtenus au soleil de Paris sont déjà surprenants. Combien plus ne le seront-ils pas dans les pays chauds où l’élévation des eaux pour l’agriculture, la caléfaction des vins, la distillation des matières alcooliques et des fleurs, la fabrication de la glace, ouvriront décidément une ère nouvelle de richesse et de civilisation.

Ce sera un honneur pour la France d’avoir doté l’humanité d’un nouvel engin industriel et d’avoir acquis un nouveau titre de reconnaissance de la postérité.
Mollot (Le Monde Illustré)

Augustin-Bernard Mouchot, né le 7 avril 1825 et mort le 4 octobre 1912 est un ingénieur et enseignant français. Il est principalement connu pour ses travaux sur l’énergie solaire.
Il invente son premier moteur solaire en 1866. Grâce à une subvention obtenue en 1871, il construit un four solaire de 4m² qu’il présente à l’Académie des Sciences fin 1875. Ayant obtenue un nouvelle subvention en 1877, il fabrique un nouvel appareil de 20m² qui sera présenté à l’Exposition universelle de 1878 à Paris. Il recevra une médaille d’or.

jeudi 23 juillet 2015

La Perse à Paris... en 1878



Le pavillon du Shah de Perse à l'Exposition universelle de 1878 à Paris a de quoi surprendre, avec une architecture relativement singulière, qui ne nous fait pas penser immédiatement à une construction persane... et pourtant... je vous propose de lire le texte ci-dessous, afin d'éclairer nos lanternes.


L'attrait de la maison persane surtout est irrésistible, et la foule la prendrait sûrement d'assaut, au risque imminent de la faire crouler sous son poids, si on ne prenait la précaution de n'y laisser pénétrer qu'un petit nombre de personnes à tour de rôle.

La maison persane, modèle réduit d'une maison bourgeoise de Téhéran, est de forme carrée, d'une grande sobriété d'ornements extérieurs, peinte en vert avec bordures d'or. Elle est percée tout autour de nombreuses fenêtres surmontées d'œils-de-bœuf. Le portique de l'entrée principale se compose d'un péristyle à colonnes de pierres blanches dont les moulures du chapiteau sont rehaussées d'or.  Au premier étage, loggia ornée de colonnes semblables et d'une balustrade en bois, sculptée par des artistes persans, et venue telle quelle de la Perse. Au fronton est sculpté le lion  national. Le soubassement de la façade est décoré de faïence persane éclatante.

On pénètre d'abord dans un grand vestibule conduisant à un salon de repos meublé principalement de divans orientaux, et au centre duquel il existe un bassin d'où un jet d'eau s'élève, rafraîchissant l'air de celte pièce délicieuse, laquelle communique avec un petit salon de réunion. Jusqu'à hauteur d'appui, les parois de ce salon de repos et de méditation par excellence sont couvertes de tuiles émaillées aux couleurs vives; le reste des murs, ainsi que le plafond, est décoré de peintures aux tons doux, où l'œil aussi se repose. On arrive au premier étage par un escalier étroit, suivant la mode persane.
A l'entrée, salon d'attente décoré de faïences, donnant accès dans le déjà fameux salon des glaces. C'est une pièce de moyenne étendue, légèrement voûtée; la décoration céramique du soubassement est la seule exception à la profusion de glaces qui couvre les parois de cette pièce étrange : la voûte, à elle seule, est recouverte de plus d'un million de fragments de glace enchâssés les uns dans les autres, disposés avec une bizarrerie apparente, mais de manière à produire toutes les variétés imaginables du phénomène de la réflexion; et l'effet est d'autant plus féérique que les fenêtres ont des vitraux colorés. Cinq lustres, entièrement faits de glace aussi, pendent de la voûte ; et l'on peut se faire une idée de l'étourdissant feu d'artifice que présente celle pièce, la nuit tombée, lorsqu'on a allumé les cinq lustres en question.



C'est peut-être un peu éblouissant pour des yeux plus habitués aux brumes discrètes de l'Occident, et sans doute on n'y tiendrait pas longtemps et l'on ne tarderait guère à rechercher avidement une aimable et moins tapageuse retraite : on la trouverait là, tout à côté, dans un salon simplement décoré de peintures peu éclatantes, meublé avec un luxe discret et caractéristique. - Mais la vérité est que le visiteur passe à côté presque avec indifférence, comme il a traversé les pièces du rez-de-chaussée, tandis que le merveilleux salon des glaces le subjugue absolument.


mercredi 5 juin 2013

Le Pavillon de la Principauté de Monaco... à l'Exposition universelle de Paris 1878

Dessiné par Albert Robida,
dans la Vie Parisienne du 14 septembre 1878


Rien de plus charmant que ce pavillon : il fait grand honneur à M. Ernest Janty, un jeune architecte de beaucoup de mérite, qui a fait preuve d'une entente de la décoration, assez rare chez nos modernes constructeurs.
C'est un coin de l'Eden monégasque transporté en plein Champ-de-Mars, et auquel il ne manque que l'azur de la Méditerranée pour que l'illusion soit complète.
Sous les palmiers de Monte-Carlo, balançant leurs sveltes panaches, au milieu des agaves en fleurs, des aloès et des cactus, se presse la foule des mondaines habituées de Monaco.

Un doux murmure nous invite à pénétrer dans le pavillon, c'est une fontaine jaillissante dont les gerbes vont caresser le feuillage d'un superbe palmier éventail.
Là, sont disposés avec un goût parfait des produits charmants comme leur pays d'origine.
Ce sont des poteries d'un genre original et gai, où la fantaisie de l'artiste sait rappeler avec esprit la flore du pays. Puis, des ivoires curieusement travaillés, témoin cette belle glace où plus d'un gracieux visage s'est déjà miré ; des mosaïques exquises et mille objets de tabletterie plus ravissants les uns que les autres.
Bertall et Monselet se sont fait céramistes pour la circonstance. Celui-ci s'en est tiré avec deux quatrains qui ont couru tout Paris, celui-là avec des fantaisies où il a mis tout l'esprit qu'on lui connaît.
Un peu plus loin, sur des étagères, brillent des flacons qui emprisonnent dans leurs flancs de cristal le parfum des fleurs de Ligurie ; et Dieu sait ce qu'il en a répandu sur cette terre ensoleillée ! Le laboratoire de Monte-Carlo a dérobé au Créateur quelques-uns de ses secrets, et, dédaignant les tricheries de la science contemporaine qui tire ses essences de la houille et d'origines encore moins pures, c'est à la fleur même de l'oranger qu'il a pris le parfum d'une eau de Cologne, sans rivale au monde.
La rose, la verveine, le cassie, la tubéreuse, la modeste violette elle-même, et bien d'autres que j'oublie on dû céder leur parfum aux chimistes monégasques, pour le plus grand plaisir de la plus belle moitié du genre humain.
Puis, ç'a a été le tour de la moins belle moitié, qui se délecte à déguster les liqueurs de Monaco, qui valent bien celles de la Martinique et qu'on a sous la main.
Mais, me dira-t-on, qui a su créer ces merveilles sur le rocher naguère aride de Monte-Carlo ? Pas un écho qui ne réponde à Monaco par le nom vénéré de Mme Marie Blanc, la fée bienfaisante à qui tout une population doit l'aisance et le bonheur fondés sur le travail.

La Vie Parisienne, 14 septembre 1878.

Pavillon de la Principauté de Monaco - Expo 1878 Paris - Photo Gaston Lucq

dimanche 23 octobre 2011

Les Etats Unis d'Amérique à l'Exposition de 1878 à Paris

Palais du Champ-de-Mars - La Rue des Nations, façade des Etats-Unis d'Amérique.


US - Deux lettres écrites, il y a cent ans à peine, par la main généreuse de la France ! Deux symboles, double souvenir ! Deux initiales qui, réunies, ont suffi à former un drapeau, celui du monde nouveau. United States! ÉtatsUnis de l'Amérique, nous vous saluons !

Sur cette façade de l'Union Américaine, ces deux lettres se trouvent partout répétées, et, au-dessous d'elles, le pavillon étoilé de 13 étoiles, les 13 États primitifs de l'Union, aux couleurs françaises, le bleu, le rouge et le blanc.

Nous ne pouvons nous arrêter devant cette façade sans éprouver une émotion légitime, car il y a bien du sang de France dans les veines de ces hommes énergiques qui n'ont pas mis un siècle à fonder cette colonie si puissante et si riche aujourd'hui, avec laquelle le vieux monde aura ià compter demain, peut-être !

Nous verrons, plus tard, en visitant l'Exposition intérieure américaine, a quel degré de puissance ce peuple est parvenu. Ici, nous nous bornerons a examiner la façade qu'il a construite sur notre Rue des Nations. Image fidèle de ses maîtres, demeure pratique, tente du civilisé nomade, pouvant se démonter et se remonter en un jour pour suivre son propriétaire partout où il ira, depuis la Savane de l'Ohio jusqu'aux plaines herbeuses du Texas.
Partout appendus, les écussons de ces États fédérés et réunis par ce mot magique: Le temps, c'est de l'or.
Sur ces écussons, les armes parlantes de chaque État.
Le Connecticut : 3 ceps de vigne. Ô ma France, je te vois sourire.
Le Massachussets : l'indien vaincu avec son arc devenu inutile quand l'homme blanc a fait parler la poudre.
La Pensylvanie : 3 gerbes de blé, filles de la terre; une charrue, la première pensée de l'homme; un navire, cet éternel trafiquant...
New-York : Un soleil levant, allégorie brillante ! soleil haut levé bien plutôt, en plein zénith
du ciel.
Vermont : 3 gerbes de blé; un lion; un sapin.
Virginie : Un Indien qui terrasse un roi couronné, avec cette légende Sic semper tyrannis; la couronne tombe et va être foulée aux pieds. Est-ce bien toi, avenir?
La Caroline du Sud : deux écussons accolés; sur l'un, un palmier avec ces mots : Animis opibus que parati; sur l'autre, une femme debout avec cette exergue : Dum spiro, spero. Abattez donc de pareils peuples !
La Caroline du Nord : Deux femmes, l'une assise sur une corne d'abondance, l'autre,  Respublica, tenant la Constitution, et au bout de sa lance le rouge bonnet de Phrygie.
Rhode-Island : Une ancre; la mer est là.
Le Maryland : Deux croix en sautoir.
Le Delaware : Un boeuf, une gerbe de blé et un épi, symboles doux de :l'agriculture.
Le New-Hampshire : Un phare, un soleil levant et un navire prêtà  être lancé dans la mer.
Le New-Jersey : Trois charrues.
Le district de Columbia : Avec une République en bonnet rouge, portant encore la Constitution ; au-dessous, cette date : 1871.

Au fronton de cette façade, l'aigle d'Amérique portant l'écusson national, drapeau des mers, qui fait réfléchir là-bas le léopard de la vieille Angleterre.

Prenez-y garde ! peuples d'Europe. Cette terre américaine était, hier encore, votre tributaire; aujourd'hui, elle se suffit déjà à elle-même; demain, elle encombrera vos marchés, et le jour où elle ne voudra plus, cela vient, vous vendre ses balles de coton ou ses blés , l'axe du monde commercial sera changé !


Façade Rue des Nations, description : Le pavillon des Etats-Unis d'Amérique est une construction dans le type des maisons que se font élever les riches colons américains, dans lesquelles le fer et la brique jouent le plus grand rôle. A la fois élégante et pratique, cette charmante construction nous donne exactement le modèle des édifices construits par les actifs habitants du nouveau monde.

mardi 5 octobre 2010

Exposition universelle de 1878, à Paris

...
rien qu'une petite photo...

...de l'exposition de 1878.
En fait, on va dire que c'est une photo orpheline, format cabinet... et surtout sans légende !

Si un visiteur aussi passionné que connaisseur passe ici, et a la moindre idée du pays d'origine de ces produits, je suis preneur... en attendant, voici la photo :


Je ne sais pas si la place était comptée... en tout cas, c'était un stand plutôt chargé ! où l'on frise le bon goût, sans toutefois l'atteindre (remarque toute personnelle je l'admet).

dimanche 2 mai 2010

Archéoportail n°9 - janvier / février / mars 2010

...
L'association ArchéoPortail vous informe que le numéro 9 de la Revue
d'ArchéoPortail vient de paraître en ligne. Pour la consulter, rendez-vous à
l'adresse suivante : http://issuu.com/archeoportail/docs/archeoportail



>>> L'ÉDITO'
>>> ACTUALITÉS INTERNATIONALES
● Le Salon International du Patrimoine Culturel 2009

>>> DOSSIER
la Chine dans les Expositions universelles à Paris (1867 1900)
● Introduction : L'Exposition universelle de Shanghai 2010
● La Chine à Paris en 1867
● La Chine à Paris en 1878 au Champs-de-Mars dans la Rue des Nations
● La Chine à Paris en 1878 sur les pentes du Trocadéro
● La Chine à Paris en 1889 au Champs-de-Mars allée de Suffren
● La Chine à Paris en 1889 au Champs-de-Mars, Histoire de l'Habitation de Charles Garnier
● La Chine à Paris en 1900 au Trocadéro

>>> L'ANNUAIRE DES ADHÉRENTS

samedi 6 mars 2010

Shots, Rue des Nations au Champ-de-Mars, Exposition universelle de 1878 à Paris

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Maintenant une série de shoots tirés du premier film de l'expo de 1878, pour commencer au Champs-de-Mars avec la Rue des Nations :

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mardi 19 janvier 2010

Comparaison Chine au Trocadéro en 1878...

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Je viens de trouver sur le net, cette chromo du pavillon chinois au Trocadéro en 1878... je suppose que c'est une des chromos les plus précises, pas au niveau des formes, mais en ce qui concerne les couleurs.

Je n'avais pour le moment aucun document de ce type, en dehors d'une autre chromo mais dont les couleurs ne correspondaient pas du tout avec les description dans les livres de l'époque.
En revanche, celle-ci en est très proche, et ce qui est encore plus appréciable, c'est que c'est également très proche de mon interprétation, en dehors du cartouche de l'entrée qui est bleu sur la chromo... mais le bleu est pourtant rarement utilisé dans ce genre de réalisations chinoises !

La chromo :



La reconstitution :


mercredi 13 janvier 2010

Maquette animation Pavillon Chinois au Trocadéro à l'Exposition universelle de 1878

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Tout est dit dans le titre, voici les premiers tests d'animation pour le bazar chinois.
A première vue, ça me convient.
Une fois terminée l'addition de toute la végétation et des visiteurs, je pense pouvoir lancer directement les calculs... quand les machines seront libres !

mardi 12 janvier 2010

Bazar chinois, Trocadéro - Exposition de 1878 à Paris - les textures

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Je vous propose aujourd'hui de découvrir le bazar chinois de l'Exposition de 1878 en couleur !
A première vue, tout est terminé de texturé, mais il y a des détails que je devrais encore corriger. Je le fais lorsque je me remettrais dessus, pour les ajouts de végétation, et les visiteurs de l'exposition.




















Bazar chinois, Trocadéro - Exposition de 1878 à Paris

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Fin de modélisation pour la Chine en 1878...


Il ne me reste plus que les textures à faire, ajouter les personnages à la mode 1878, et un peu de plantations quand même.

Idéalement, il faudrait que je réalise le Palais du Trocadéro qui est normalement vu en arrière-plan... mais c'est un gros morceau.
Je pense que je vais déjà essayer de terminer tous les pavillons, car il en reste encore beaucoup (finir 1878 + 1889 + 1900), on verra ensuite si c'est jouable !