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mercredi 10 mars 2010

Shots, Maison Chinoise, Exposition universelle de 1889 à Paris

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Avant dernière série de shoots du film... avec l'Histoire de l'Habitation de Charles Garnier... au quai d'Orsay, à l'Exposition de 1889 :

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lundi 1 février 2010

Maison chinoise, Histoire de l'Habitation de Charles Garnier - Texturing complete !

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Et voilà, encore une fois, je me suis mis à fond sur le texturing... sans respirer... pour commencer la maison chinoise... aux dominantes rouges perçues sur la majeure partie des chromos éditées à l'occasion de l'exposition de 1889, faute de détails précis dans les textes !


Et la maison japonaise, toujours texturée en s'inspirant des chromos...


En voyant ces deux constructions réunies, j'imagine aisément combien pouvait être charmante cette vision alignée des 44 constructions de l'Histoire de l'Habitation !


Il ne manque plus que les visiteurs... ce film en nécessitera moins que les autres, l'échelle de ces pavillons étant assez réduite, on aura vite rempli l'espace !


Et bien sûr, la fameuse case de terre sur piloti qu'on apercevra dans le film.


Les étals ne sont pas beaucoup remplis, mais avec les personnages, je pense que l'image finale du film sera assez chargée.


En tout cas, j'espère avoir l'occasion de poursuivre un jour le projet de reconstituer en totalité cette Histoire de l'Habitation de Charles Garnier... j'ai déjà une petite idée d'une institution à qui proposer ce projet... pour... enfin, quand j'aurais un peu plus de disponibilité !


Cadrage impressionnant avec un mélange des cultures... cette Tour de 300 mètres offre un vrai décalage ! la prochaine étape sera de placer les personnages... gravures détourées de 1889. En ce qui concerne la végétation et l'arrière-plan de la gare du chemin de fer Decauville, je pense que c'est suffisant !
...et ensuite, calcul des images du films...


Et une petit dernière pour le plaisir... Je pense qu'il va y avoir un "trou" dans le wip de presqu'un mois... ayant beaucoup d'autres projets simultanés, je commencerais la partie 1900 début mars ! une partie assez importante, qu'il me faudra terminer au plus tard première semaine d'avril !

Maison chinoise, Histoire de l'Habitation de Charles Garnier - Animation test

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Pour bien commencer la journée, la maquette animée du ride "maison chinoise de l'Histoire de l'Habitation de Charles Garnier à l'Exposition universelle de 1889 à Paris" :




Un montage d' 1 minute 39... pas la plus courte des 6 animations qui seront présentes dans le film :D 
1867 cdm : 2'15''
1878 cdm : 1'34''
1878 troca : 2'06''
1889 suffren : 1'54''
1889 cdm : 1'39''
1900 troca : ?

soit pour le moment 9'28'', mais certainement entre 2 et 3 minutes de plus pour la section chinoise 1900 qui est plus étoffée de toutes.

mercredi 27 janvier 2010

Fin de modélisation pour la maison chinoise de l'exposition de 1889

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Au même titre que j'ai du faire la maison japonaise, il m'a fallu travailler un peu sur le proche environnement de la maison chinoise. 



Il y avait plusieurs huttes et case, je n'ai réalisé que la première, la caméra n'ira pas plus loin !



Maintenant, je comprend mieux pourquoi les représentations d'époque étaient si serrées sur les deux maisons, ces huttes contrastent énormément !



Sur la partie arrière, j'ai ajouté le barnum de la station du chemin de fer Decauville, ainsi que l'escalier qui permettait de traverser la voie pour se rendre de l'autre côté de l'exposition, sans avoir à faire un détour par l'axe Iéna - Tour Eiffel.



Là, on est plus proche de la limite de cadrage du film, où on ne verra jamais je pense, la hutte en entier. 



Il est maintenant temps de s'occuper des textures, encore un peu de travail en perspective.


lundi 25 janvier 2010

La maison voisine, le Japon à côté de la Chine, à l'Exposition universelle de 1889 à Paris

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Comme je l'avais dit précédemment, du fait de la petitesse de cette habitation chinoise, pour des raisons de cadrages, je suis obligé d'en faire un peu plus, et notamment la maison voisine, celle du Japon.



Montée sur des sortes de pilotis, en voici la base et l'escalier d'accès.



J'en ai profité pour commencer les quelques détails d'environnement, la platebandes, les plantes et autres tuteurs en bambou.



On se rend compte que ce groupe asiatique faisait un petit ensemble charmant, qui devait bien plaire aux visiteurs.



Demain... suite et fin de la maison japonaise, et certainement les derniers détails d'ornementation et de végétation.


dimanche 24 janvier 2010

La fin est proche, modélisation de la maison chinoise de l'Histoire de l'Habitation de Charles Garnier, à l'expo de 1889

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la suite... toutes les tuiles sont posées ! j'aurais pu me contenter d'une forme simple "ondulée" et d'une bonne texture, mais ce pavillon étant de petite taille, je peux quand même pousser les détails.



Il devrait y avoir plusieurs petites sculptures sur la toiture, pour l'instant, il n'y a que la première au fait du toi...



La vue traditionnelle, avec le meilleur angle de vue à l'époque !



J'ai également ajouté les divers bibelots, vases et pots qui y étaient vendus !



Ajout aussi d'une "guitoune" sur la gauche, un débit de boisson ou une annexe de la maison chinoise, je n'en ai pas la moindre idée. De plus, sur ma seule photo, il y a foule devant,  et on ne distingue rien du tout !


samedi 23 janvier 2010

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en déplacement hier (mais pour la bonne cause, expo37 à Paris), je n'ai pas pu beaucoup avancer...



...au tour de la charpente qui va donner sa forme caractéristique à la toiture. Pour la partie arrière je ne suis pas vraiment sûr. En fait, la logique aurait voulu que cette partie soit comme les trois autres côtés, mais sur la seule bonne photo, je dénombre un nombre important de chevrons sur les parties supérieures, et vu que la partie devait être assez étriquée, c'est tout à fait plausible comme cela.  



...ça commence à ressembler à quelque chose, petite mais mignonne... il faudra vraiment étoffer l'environnement !



jeudi 21 janvier 2010

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Aménagement de la partie intérieure du magasin... euh, de la construction chinoise !





Je m'arrêterais là en ce qui concerne l'intérieur, puisque je n'ai aucune indication !




Premiers polygones pour la maison chinoise de l'Histoire de l'Habitation de 1889

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La taille de ce nouveau pavillon est beaucoup plus limitée, en voilà déjà la base et la structure. Je pense effectivement que pour donner du corps à la séquence, il faudra garnir l'environnement, et notamment refaire en 3d la construction japonaise.



Même cadrage, mais avec la Tour Eiffel, là où elle se trouve par rapport à la maison chinoise de l'Histoire de l'Habitation.



Ce pavillon ne devrait pas me donner énormément de travail... à voir !



Maison chinoise, Histoire de l'Habitation de Charles Garnier - Exposition de 1889

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Bon, pendant que ça calcule et en attendant que j'ai fais un choix entre personnages de gravures ou de photographies pour 1889,

je vais vous toucher deux mots du prochain pavillon.

Nous sommes toujours en 1889, et on trouve une autre maison chinoise dans l'exposition, pratiquement devant la Tour de 300 mètres, sur la droite du pont d'Iéna.
Ce n'est pas véritablement un pavillon, cette construction faisant partie d'un ensemble, celui de l'Histoire de l'Habitation de Charles Garnier.
Une fabuleuse visite historique des habitations depuis l'homme des caverne ! sous la forme de 44 constructions différentes.

Pour ceux que ça intéresse :
http://lemog3d.blogspot.com/2009/10/his ... arles.html

Cette maison, sensée représenter une des architectures type chinoise, avec ses principaux codes. L'intérieur présente moins d'intérêt, puisqu'il s'agit d'une échoppe de vente de bibelots chinois si mes souvenirs sont bons.

Du fait d'un environnement assez proche, comme dans le cas de la Rue des Nations de 1878, je serais certainement obligé de réaliser également l'autre maison voisine, celle du Japon !

Encore une fois, je n'ai pas énormément de documentation, mais elle est relativement simple, ça devrait le faire sans trop de soucis :mrgreen: 





Ci-dessous, on peut voir à gauche la maison japonaise, et à droite quelques huttes d'afrique centrale, et au milieu, au fond, on aperçoit le mur gauche de la maison chinoise.



lundi 12 octobre 2009

Histoire de l'Habitation Humaine - Charles Garnier - Exposition universelle de 1889 à Paris

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un ami me demandait il y a quelques jours, des informations sur la fameuse réalisation de Charles Garnier à l'expo de 1889 : l'Histoire de l'Habitation humaine; Plus de 40 habitations étaient reproduites devant la Tour Eiffel, le long de la Seine de chaque côté du pont d'Iéna.

A l'instar de la Rue des Nations de l'exposition de 1900, cette Histoire de l'Habitation me fascine, et il se pourrait bien qu'elle fasse partie d'un projet futur... mais le sujet n'en est pas encore là.

Cette Histoire de l'habitation de 1889 fut aussi plébiscité qu'elle fut critiquée.
Autant fut-elle appréciée du plus grand nombre de visiteurs, car elle était ludique et amusante... alors que la majeur partie des articles faisaient état d'une réalisation très approximative, très loin du cours magistral aux références sûres.

Mais le but n'était certainement pas là... même si on peut facilement se mettre à la place des spécialistes, qui restèrent forcément sur "leur faim" !

Découvrons maintenant un peu plus en détail cette réalisation de l'Architecte de l'Opéra de Paris... quelque peu mise en pièce par le Rédacteur en Chef de la Revue des Arts Décoratifs, M. Victor Champier.


L'EXPOSITION DES HABITATIONS HUMAINES 
RECONSTITUÉES PAR M. CHARLES GARNIER 

De toutes les attractions imaginées au Champ-de-Mars, celle qu'avait projetée M. Charles Garnier, l'éminent architecte de l'Opéra, sembla tout d'abord devoir obtenir la palme.
Montrer quel a été le développement successif de l'humanité à travers les âges, en reproduisant les types caractéristiques des habitations que les hommes se sont successivement construites, c'était là, en effet, il faut le reconnaître, une heureuse idée, bien faite pour séduire la foule des visiteurs. Elle promettait la plus instructive comme la plus amusante «leçon de choses» qu'on pût concevoir et avait, en outre, cet avantage d'apporter dans le pittoresque microcosme de l'Exposition des éléments de décors nouveaux, imprévus et extrêmement variés.





M. Charles Garnier prépara pendant deux années son œuvre avec un zèle exemplaire. Partant de ce principe que l'habitation peut être considérée comme un miroir reproduisant fidèlement la physionomie vraie de l'habitant, il s'étudia à restituer les types des maisons de tous les peuples aux différents âges de l'humanité, depuis la hutte primitive des temps préhistoriques jusqu'aux élégantes demeures de la Grèce, de Rome et de l'époque de la Renaissance. Avec une parfaite intelligence des difficultés de la démonstration qu'il voulait tenter, il se garda bien d'évoquer telle ou telle habitation somptueuse dont il eût été possible de retrouver les traces, grâce aux archéologues qui savent arracher à la poussière des siècles plus de secrets souvent qu'elle ne parait pouvoir en contenir. Mais il s'efforça surtout - tel a été du moins l'objectif vers lequel il a déclaré tendre ­ d'édifier des constructions-types pour chaque nation, des maisons populaires en quelque sorte, afin de mieux représenter le degré de civilisation atteint par chacune.
M. Charles Garnier alla même jusqu'à s'imposer les recherches les plus minutieuses pour que tous les détails d'ornementation, de plan, de structure, fussent strictement empruntés aux sources les plus authentiques, et que rien ne fût donné aux hasards de l'imagination ou aux caprices de l'artiste.

Le projet, comme on le voit, était en principe excellent. Mais d'où vient que «l'Histoire de l'Habitation » réalisée par M. Charles Garnier n'ait pas eu le succès qu'on en attendait et ait si mal répondu à l'idée que, par avance, on s'en faisait ? D'où vient que le résultat, au point de vue de l'enseignement du public, ait été à peu près nul, et, au point de vue pittoresque, assez médiocre ?
Cela tient sans doute à plusieurs causes: d'abord à l'emplacement choisi, ensuite à la méthode adoptée par l'architecte, laquelle manquait de netteté. L'emplacement - le long du quai, au pied même de la Tour de 300 mètres, dans un véritable fouillis d'édicules ne se rapportant point à l'œuvre de M. Garnier - était peu favorable à une étude comparative tranquillement faite. En outre, à l'ombre de l'immense Tour, les habitations; conçues en réduction, pareilles à des joujoux, semblaient plus minuscules encore qu'elles ne l'étaient réellement et faisaient l'effet de ces jeux de carton peint que l'on donne aux enfants.
Quant à la méthode suivie par M. Charles Garnier, elle correspondait aux grandes divisions naturelles de l'histoire de l'humanité. Trois sections principales avaient été imaginées, que le visiteur pouvait parcourir en commençant par les habitations préhistoriques, à l'angle de l'avenue de Labourdonnais, pour finir par les demeures des peuples orientaux. Dans la première section figuraient les rudimentaires abris que les premiers hommes se créèrent, c'est-à-dire les cavernes, les cités lacustres élevées sur pilotis au milieu des lacs, pour être rendues inaccessibles aux bêtes fauves, ou bien les cabanes formées d'une charpente grossière en branches non équarries, etc.




Dans la seconde section, subdivisée en trois catégories, étaient placées d'abord les habitations de ce que M. Charles Garnier appelait «les civilisations primitives», c'est-à-dire la maison égyptienne, l'assyrienne, la phénicienne, celle des Israélites, celle des Pélasges, celle des Étrusques; puis les habitations marquées de l'influence aryenne, la maison hindoue, celle des Perses, celle des Germains, des Gaulois, des Grecs, des Romains; enfin les habitations élevées après l'invasion des barbares, celle des Huns, la maison gallo-romaine, la maison scandinave, les maisons de la Renaissance, la maison byzantine, l'habitation slave, celle des Ambes, celle du Soudan. C'est dans cette partie surtout de l'Histoire de l'Habitation que régnait l'incohérence. Il était impossible aux visiteurs de se rendre compte des raisons qui avaient pu faire réunir, les unes à côté des autres, les maisons les plus dissemblables par l'origine, le style et les formes, l'architecture orientale à côté de l'européenne.

Dans la troisième section, M. Charles Garnier s'était contenté de mettre, sous la rubrique générale de Civilisations isolées, les types de maisons de races diverses, barbares ou civilisées, qui, d'après les termes mêmes de son programme, «sont restées isolées du reste du monde et n'ont pas participé à la marche générale de l'humanité.» Elle était consacrée à la race jaune, aux Chinois et aux Japonais, à la race nègre et aux populations indigènes du continent américain.

Au total quarante-quatre types d'habitation.




Le lecteur n'attend pas de nous, assurément, une étude descriptive et critique de chacune de ces constructions: Quelques-unes ont été fort appréciées des connaisseurs pour l'ingéniosité, la grâce ou l'authenticité des détails: telle la maison de la Renaissance. Mais il faul bien le dire, ce n'est pas généralement par l'exactitude que les édicules de M. Charles Garnier ont paru remarquables. Au contraire, une foule de protestations se sont élevées - plus ou moins fondées sans doute - qui ont mis en cause la solidité des connaissances archéologiques de l'architecte. On trouva que le célèbre constructeur du théâtre de l'Opéra avait donné trop librement carrière à sa verve créatrice; en voulant restituer quand même des habitations de certains peuples au sujet desquels les documents font presque totalement défaut.
A coup sÙr, pour la maison des Grecs, pour celle des Romains, les renseignements abondaient, et on n'avait que l'embarras du choix pour établir une construction bien exacte. Mais pour les types antérieurs? Pour la maison
égyptienne, par exemple, pour l'assyrienne, pour la phénicienne, pour l'habitation hindoue - à laquelle M. Garnier a donné la forme d'un étui à lorgnette - où donc a-t-on pris les modèles? - Dans des documents positifs! a déclaré l'architecte. - Dans des documents incertains ou simplement dans votre imagination! ont
répliqué nombre d'archéologues.
Et comment, en effet, les sourires d'incrédulité des hommes de science auraient-ils pu être, retenus en présence de quelques-unes des quarante-quatre habitations de M. Charles Garnier? Comment n'auraient-ils pas relevé des erreurs manifestes et presque enfantines, commises dans la production de cette espèce de panorama de l'his­toire architecturale?
On a cité notamment la maison japonaise du Champ-de-Mars, dont M. Garnier avait fait revêtir d'une couche de peinture à l'huile les murailles intérieures. Or, qui ne sait aujourd'hui, après tous les livres qui ont paru sur le Japon, que dans les habitations de ce pays il n'y a que des panneaux de bois nu, poli et propre, un bois admirablement bien travaillé? C'est cette nudité même qui en est un des principaux caractères et qui en fait le charme. On a cité encore la maison arabe. M. Garnier l'avait gratifiée de colonnes lourdes et trapues, de moucharabies peintes d'une couleur neutre. Or, la modeste maison arabe avait beau être du XIe siècle, il n'est pas moins certain que les colonnes étaient un non-sens, et la peinture sur les moucharabies un barbarisme!




Autres exemples. Ceux-ci pris dans l'antiquité: M. Charles Garnier avait représenté sur sa maison assyrienne un ornement, un symbole religieux figurant un globe avec de grandes ailes éployées. Ce sont les Égyptiens qui ont inventé ce décor et qui l'ont prodigué sur la façade de leurs édifices. C'était donc à eux qu'il convenait d'en faire honneur, et non aux Assyriens, qui n'ont fait que le copier. Par contre on remarqua que M. Charles Garnier avait enlevé aux Assyriens la coupole - qui a reçu chez eux sa première forme - pour en faire hommage aux Persans, lesquels se sont bornés à l'emprunter à leurs devanciers. Au sujet de la maison assyrienne et de la maison phénicienne, la fantaisie de l'architecte, évocateur de l'Histoire de l'Habitation, parut dépasser toutes les bornes. M. Garnier imagina pour la première la forme la plus inattendue. Il en fit une espèce de boîte oblongue, très haute, dépourvue à la base de toute espèce de fenêtres. Sa maison assyrienne était une construction assez légère, reposant sur un soubassement de pierres percé d'étroites ouvertures, et dressant vers le ciel ses masses de charpente, bariolées de couleurs vives. La partie habitable de cette demeure semblait être le pigeonnier perché à son faîte, et qui affectait des airs de loggia italienne, avec ses larges fenêtres garnies de stores: on ne devait pouvoir y monter qu'avec des échelles. Telle était la conception de M. Charles Garnier. Or, si l'on consulte les nombreux documents parus en ces dernières années sur Ninive et sur l'architecture phénicienne, on y puise la certitude que les maisons de ce peuple, comme celles de tous les pays où la température est chaude, étaient basses avec des murailles très épaisses, presque sans fenêtres. Il en est aujourd'hui comme autrefois, et, pour éviter la chaleur, on se passe de lumière. A Ninive, les murailles que l'on a mesuré n'ont pas moins de 7 à 8 mètres d'épaisseur. Ce seul fait indique que les constructions ne devaient point avoir de grandes hauteurs, car les plafonds et les voûtes n'auraient pas pu supporter le poids énorme des masses de terre dont se composaient les murs de refend. Les pièces, au lieu de se superposer, se juxtaposaient et s'étendaient en surface. Dans toutes les fouilles qui ont été pratiquées, jamais on n'a trouvé d'escalier donnant accès à un étage supérieur: c'est là un point absolu, et un savant qui fait autorité, M. Perrot, en témoigne. La maison de M. Charles Garnier était donc de pure fantaisie.

Ces quelques observations sur certaines inexactitudes de détail dans les quarante­quatre types d'habitations élevés au Champ-de-Mars par M. Charles Garnier ne prouvent, à la vérité, qu'une chose, c'est que l'entreprise du très distingué architecte était particulièrement difficile. Tout autre, et Viollet-le-Duc lui-même - l'éducateur par excellence - y eût peut-être échoué. Mais si, à cette œuvre éphémère, ne reste pas attaché un souvenir d'utilité scientifique et d'érudition sérieuse, du moins il lui reste ceci, c'est qu'elle aura eu un caractère de propagande et de vulgarisation artistique vraiment unique. Les visiteurs de l'Exposition universelle de 1889, si fugitive qu'ait été leur curiosité, ont certainement retenu quelque chose des formes architecturales élaborées par M. Charles Garnier dans une pensée d'enseignement, et ce quelque chose, en somme, vaut mieux que rien du tout.
VICTOR CHAMPIER
(Rédacteur en chef de la Revue des Arts décoratits.)