mercredi 9 juillet 2014

Milan 2015 où «La Tunisie, naturellement généreuse»


Renommée dans le monde entier pour sa culture culinaire et hôte aux plusieurs agences internationales pour la sécurité alimentaire, l’Italie se prépare à accueillir à Milan du 1er mai au 31 octobre 2015 une Expo Universelle sur les défis auxquels notre planète doit faire face pour nourrir sa population dans ce nouveau millénaire. L’Expo attend 21 millions de visiteurs et la participation de 120 gouvernements, 10 organisations internationales et 30 entités du secteur privé.

Le thème proposé pour cette édition «Nourrir la planète, énergie pour la Vie », veut inclure tout ce qui touche à l'alimentation, du problème de la sous-alimentation dans certaines parties du monde, à celui de la nutrition, jusqu'à la thématique liée aux Organismes Génétiquement Modifiés OGM. Cet événement sera une plate-forme mondiale pour les meilleures pratiques et les solutions innovatrices dans le domaine de l’alimentation, de la santé et du bien-être, du développement durable et des technologies, une occasion importante pour découvrir les Pays à travers un voyage idéal entre culture, gastronomie, et art.

Le pavillon tunisien d’une superficie de 400 m², sera situé dans le cluster thématique «Bio-Méditerranée», organisé autour d’une grande placette. Pour la conception de l’aménagement intérieur, le centre de promotion du commerce extérieur (cepex) a lancé un concours d’idée, en mars dernier et le projet lauréat a été remporté par l’architecte Mourad Zoghlami.

Afin de répondre au thème fixé par le cepex : «La Tunisie, naturellement généreuse», l’architecte propose un aménagement en forme «d’oasis enchantée», en s’inspirant de la spécificité de l’oasis de Gabès, l’unique oasis littorale de la méditerranée et l’une des dernières dans le monde. Une enveloppe de forme organique représentant l’énergie crée entre l’homme et le milieu naturel, sera le repère du visiteur. Le pavillon tunisien adoptera une architecture qui respecte l’environnement, facile à mettre en œuvre et à démonter. Une architecture économique et légère, qui s’appuie sur la délicatesse pour exprimer la force.

Le concept du projet propose un parcours sensoriel bien étudié ornementé par des projections thématiques, des effets en trois dimensions et des hologrammes. Le sol se transformera en sable couleur jaune or, des grenadiers, des figuiers et des amandiers pousseront dans l’ombre des palmiers dattiers. Bref, tous les sens seront éveillés lors du passage dans ce pavillon ou cette oasis enchantée de façon à offrir aux visiteurs une expérience réellement immersive.


Source: http://www.archibat.info/news.php?artid=1743

mardi 24 juin 2014

Expo 2015 Milano


La Suisse du goût emballe Milan!

La première étape du Giro del Gusto, qui a eu lieu du 30 avril au 11 mai à Milan, a connu un  succès populaire. En 12 jours, plus de 60 000 visiteurs ont profité de la Maison suisse qui proposait un panorama de la Suisse à travers son design, ses produits AOP, ses concerts, son offre touristique et son tunnel du Gothard. 


Les Milanais, mais également les touristes de passage, ont beaucoup apprécié  l’initiative suisse. La présence  de la Suisse, dans l’un des lieux les plus touristiques de Milan, le Castello Sforzesco, a été payante. Présence Suisse a pu communiquer de manière ouverte et conviviale sur l’alimentation, la thématique de l’Exposition universelle, mais aussi sur des sujets importants tels que  le terroir, les transports, l’innovation et le tourisme. Les partenaires privés et publics du Pavillon suisse ont permis d’enrichir le programme culturel et gastronomique.


« Voir le maire de Milan couper une meule de fromage suisse pour inaugurer symboliquement le Giro del Gusto dans cette Maison suisse à l’architecture contemporaine est un geste fort : notre pays peut cartonner en Italie ! » se réjouit Nicolas Bideau, chef de Présence Suisse. « Les 60 000 personnes qui ont participé aux dégustations de nos produits ont confirmé ce succès: les Italiens aiment les produits helvétiques et sont intéressés et ouverts à mieux connaître leur voisin. Si le fromage et les saucisses  suisses ont séduit les transalpins, le nouveau tunnel du Gothard et notre design les ont aussi passionnés. Un équilibre entre tradition et innovation : notre formule magique ! » conclut Nicolas Bideau.


Prochaines étapes du Giro del Gusto :
Rome (Institut Suisse de Rome) : du 22 au 26 septembre
Turin (Salon international du Goût) : du 23 au 27 octobre

Chiffres clé :
Nombre de visiteurs : 60 000
Nombre de personnes ayant vu le village suisse : 180 000
Nombre de repas servis : 18 000
dont : 1500 saucisses, 2500 raclettes, 1000 panini au saucisson,
Nombre d’articles publiés en Italie sur le Giro del Gusto: 110


mardi 17 juin 2014

Tour Kemmerich - Expo 1894 Anvers

Tout à démarré, comme bien souvent, par la découverte d'une photographie d'Exposition, qu'on ne connaît pas...
alors le "jeu" commence, souvent passionnant, de recherche, et de chasse aux détails, qui permettront de déterminer de quelle Expo il s'agit, et de reconnaître enfin, les éventuels pavillons mystérieux.

Ce pavillon, c'est en fait une Tour ! on note tout autour, des inscriptions, sans hélas pouvoir les lire. Elle est haute et originale, on a même l'impression qu'elle est télescopique, ou faite d'un empilage de boîtes de diamètres allant du plus grand au plus petit... le tout surmonté du sorte de petite plateforme couverte, comme un phare, dans un style pseudo-exotique, pouvant rappeler certaines tours présentes à la Franco-British Exposition de 1908 à Londres.


Après de nombreuses recherches d'indices, on a pu se rendre compte qu'il n'en était rien, et que nous devions retourner 14 ans en arrière.
Sur d'autres photos de la même série, on pouvait lire des inscriptions en français, et notamment, le nom d'un paysagiste de Nivelles... en Belgique.



A l'époque supposée de cette photo, le choix pouvait s'arrêter à une petite sélection : Anvers 1885, Bruxelles 1888, Anvers 1894, Bruxelles 1897...
Après en avoir étudié les plans, celle d'Anvers 1894 semblait parfaitement convenir, un autre pavillon ayant été reconnu, ainsi qu'une cheminée fumante, ne pouvant provenir que du bâtiment des machines à vapeur !

La légende du plan nous apprend aussi qu'une tour y est effectivement présente... entre la Salle des Fêtes, le pavillon de la "American propaganda" et le quartier du Vieil Anvers.

Il s'agit de la Tour Kemmerich !
Voilà ci-dessous, ce qu'on pouvait en lire à l'époque, sur une chromo éditée à l'époque, et certainement offerte à l'exposition d'Anvers :

Cette tour, d'une hauteur de 200 pieds, est une des curiosités les plus saillantes de l'Exposition universelle d'Anvers. Elle excite la juste admiration de tous les visiteurs.
Erigée par la Compagnie Kemmerich, elle symbolise d'une façon fort originale, par de gigantesques pots d'extrait de viandes superposés, l'accroissement continu de la Compagnie qui travaille aujourd'hui avec un Capital de 7.000.000 de Francs et qui, dans ses établissements de Santa Elena et de San Javier, abat et utilise pour ses produits 140.000 bœufs pas an.


Découpi publicitaire en forme de pot d'extrait
de Viande.
L'EXTRAIT de VIANDE KEMMERICH
LA PEPTONE de VIANDE KEMMERICH
LE BOUILLON de VIANDE KEMMERICH
LES CONSERVES de VIANDE KEMMERICH
ont une renommée universelle.
25 Médailles d'or et Diplômes d'honneur.


Nous sommes à une époque où les extraits de viande concentrés, fabriqués à partir de bœuf ou de volaille connaissent un essor particulièrement important.

Nous connaissons tous le principal précurseur en la matière, Justus Liebig, même si on a oublié depuis, le prénom.

Parmi les principaux concurrents de Liebig qui produit à Fray Bentos en Urugay, on trouve aussi Buschenthal de Montevideo, Papilowski et Bruhl à Posen et bien sûr Kemmerich à Santa-Elena en Equateur !

Ci-dessous, quelques Chromos publicitaires de la maison Kemmerich :




mardi 3 juin 2014

BLOG EXPO 2015 MILANO

Pour suivre et s'informer sur la prochaine Exposition universelle en Italie... EXPO 2015 MILANO...
des détails sur la construction, l'architecture des pavillons, leur contenu, les liens vers leurs sites et leurs pages Facebook...

à suivre... jusqu'à l'événement en 2015 !


lundi 2 juin 2014

Le Minesota... une candidature des USA pour 2023 ?

"Notre mission est d'accueillir l'Exposition internationale de 2023 dans le Minnesota pour célébrer la diversité de la création, les réalisations scientifiques, et la vitalité économique de notre Etat, de la région et de la nation. Cette exposition va élever la stature mondiale du Minnesota en établissant des relations à l'échelle internationale et ainsi créer des héritages culturels, éducatifs et environnementaux qui favoriseront la coopération internationale et l'innovation technologique pour les générations futures".

Tout un programme, hélas, pour le moment, pas beaucoup plus d'informations sur le projet, ni même sur un éventuel retour des Etats-Unis comme pays membre du BIE !

A lire sur le Site de Minnesota2020 :
http://mn2020.org/issues-that-matter/economic-development/imagine-a-minnesota-worlds-fair


mardi 20 mai 2014

Grenoble 1925 - Exposition internationale de la Houille Blanche et du Tourisme

La participation des puissances étrangères à l'Exposition de 1925 à Grenoble s'est traduite, soit par l'édification de palais et de pavillons particuliers, soit par des aménagements importants dans le grand palais spécial dédié à leur intention par le Commissariat Général. Dans l'un et l'autre cas, elles ont fait un effort considérable, si l'on tient compte surtout des difficultés d'ordre général, qui ont retardé les décisions de principe.

Le Palais de l'Italie :

La section Italienne se compose des expositions suivantes :

  1. Un grand pavillon situé sur l'esplanade centrale de l'exposition, à gauche, en face des fontaines lumineuses;
  2. Dans la même localisation, un grand pavillon à droite des fontaines;
  3. Dans le pavillon du matériel des chemins de fer, une exposition du matériel employé pour l'électrification des chemins de fer;
  4. Une turbine hydraulique de 15 000 HP, installée dans un pavillon spécial, érigé entre le Palais de l'Exposition étrangère et l'Exposition française du Charbon Blanc;
  5. Divers poteaux en ciment armé distribués en plusieurs endroits de l'Exposition.

Les sociétés d'électricité désignées dans le catalogue exposent des photographies et des plans des plus importantes installations, ainsi que des cartes et des profils illustrant l'importance de leurs services.


Grand Pavillon :
Ce pavillon, qui couvre une surface de 750m², se compose d'un corps central, où sont installés les exposants du Ministère des Travaux Publics et des Associations électriques, et de deux ailes; celle de droite, en regardant la façade de l'édifice, où toutes les sociétés italiennes, qui produisent de l'énergie, ont réuni leurs installations; celle de gauche, où se trouve le matériel hydraulique et électrique pour les centrales et les lignes.
En face de l'entrée, se trouve un plan de l'Italie, à l'échelle de 1/500 000e, avec l'indication lumineuse des centrales électriques entrées en service de 1895 jusqu'à 1925.

Localisation du Grand Pavillon de l'Italie dans l'Exposition de Grenoble 1925.

Le Tourisme et les Chemins de Fer de l'Etat :
Le pavillon du Tourisme occupe un espace de 400m² qui est divisé en trois parties : une aile à droite de l'entrée principale, une autre à gauche, entièrement entourée par les parois extérieures du pavillon, et, enfin, une aile centrale.
Le Bureau d'Informations, l'Exposition de l'Ente Nazionale Industrie Turistiche (ENIT) et les Chemins de fer de l'Etat, occupent complètement l'aile droite, tandis que l'aile gauche réunit l'Exposition des diverses organisations touristiques italiennes. Au fond du pavillon figurent encre l'ENIT et les Chemins de fer.
A côté du stand des "grottes de Postumia", et du "Touring-Club Italien", dans l'aile centrale, sont représentées les organisations hôtelières et d'autres encore se rattachant au Tourisme en général.
Tout à fait à côté de l'entrée principale existe un Bureau d'Informations où le personnel de l'ENIT est chargé de la distribution des diverses publications lancées par l'Ente Nazionale Industrie Turistiche même. Ce personnel donne aussi tout renseignement sur le tourisme, les moyens de communication, les lieux de séjour, les stations climatériques; ainsi que les informations concernant les divers expositeurs.
Dans le stand central et dans celui en face de l'entrée, sont placés, en outre de tout le matériel de propagande de l'ENIT - des placards, photos, tableaux, etc., qui reproduisent les beautés artistiques et naturelles de l'Italie.

Source : Guide Catalogue Officiel Grenoble 1925

Publicité d'un exposant italien de Monza.

mercredi 7 mai 2014

Le Pavillon de la Compagnie universelle du Canal Maritime de Suez... 1931.

Il y a quelques jours, un amis rémois fait l'acquisition d'un document assez original et rare, une photo sur laquelle un groupe de personne pose devant un pavillon de Suez. Ce bon ami, connaissant mon intérêt pour tout ce qui touche aux Expositions, m'offre très gentiment ce cliché. Immédiatement, une grande joie m'envahit, si les tenues vestimentaires évoquent sans erreur possible l'entre deux guerres, j'identifie immédiatement le candélabre « au style affiché », sur la gauche de la photo, comme appartenant à l'Exposition coloniale de 1931 à Paris.


Il s'agit donc bien du Pavillon de la Compagnie universelle du Canal Maritime de Suez, mais quid des personnes devant ? En y regardant de plus près, il apparaît que plusieurs d'entre elles sont médaillées. Est-ce la raison de leur visite à l'Expo, ou de leur passage dans ce pavillon de Suez ?

On remarque un personnage central, un monsieur sans chapeau, au teint très halé, est-ce une personnalité égyptienne ? De l'entreprise ?
La photo ne nous en apprendra pas beaucoup plus je pense.

Cependant, une indication au verso nous apprend que ce cliché a été pris par « Photo Louis »... de Reims, rue Chanzy !

Reims... Paris (Vincennes)... Suez...
On sait maintenant pourquoi cette photo de l'Expo 1931 se trouvait à Reims. Renseignements pris, Photo Louis, situé au 59 de la rue Chanzy à Reims, effectuait également des prestations en dehors de sa région... y avait-il une autre raison d’œuvrer à l'Exposition en dehors de la qualité de son travail ? Nous poursuivrons les recherches.


Mais revenons à ce pavillon de Suez. Pas facile de trouver des informations le concernant. Déjà, n'étant pas un pavillon représentant une des colonies présentes, il semble n'avoir pas beaucoup attiré les rédacteurs d'articles... pas d'architecture fantasmée, pas de souks ou d'attraction, il a dû sembler un peu plus fade que d'autres, malgré sa belle façade classique, entre Art Déco et Egypte antique.

Dans le parc de Vincennes, il était situé au sud est, Route de la Plaine, entre les pavillons du Congo Belge et celui de la Syrie et du Liban, presqu'en face du Parc Zoologique.


Peu de photos, ci-dessous, le pavillon de face, une vue trouvée dans une revue de l'époque.. et une carte postale mettant en valeur l'entrée de ce pavillon conçu par l'architecte Maurice Gras.



Je vous invite maintenant à lire la description du Pavillon de la Compagnie universelle du Canal Maritime de Suez, tel qu'on la trouve dans le Guide Officiel de l'Exposition de 1931.


Le Pavillon de Suez 

Chacun sait que le Canal de Suez est une grande œuvre française créée par Ferdinand de Lesseps. Mais tout le monde ne sait pas que la direction entière en est restée française. En revanche, l'importance du canal n'échappe à personne. En 1870, 486 navires transitaient avec 436 000 tonnes ; en 1929 c'étaient 6 274 navires avec 34 511 000 tonnes, soit 80 fois plus.


Le tirant d'eau est passé de 7m.50, en 1870, à 10m.06 aujourd'hui et ira jusqu'à 13 mètres (24m depuis 2010). Si bien que le cube des déblais atteint 366 millions de mètres, à l'heure actuelle. Cela représente le volume d'une tranchée pareille à celle de nos boulevards, mais qui continuerait jusqu'à Lyon. Grâce à ces travaux, la durée du transit est tombée de 48 à 15 heures. Quant aux tarifs, toujours payés en francs-or, ils ont été abaissés de 10 francs par tonne de capacité à 6 fr. 65.


Tels sont les résultats et les grandes lignes du canal de Suez, que vous devez voir dans son pavillon. Plans en relief, modèles d'appareils, vues dioramiques (dont une représente l'inauguration du canal), tout illustre pour vous cet ouvrage de premier ordre et son fonctionnement.
Comme vous ne pourrez peut-être pas y aller vous-même, un diorama mouvant vous donne l'illusion d'être sur le pont d'un navire transiteur entre la rive asiatique – véritable désert – et la rive égyptienne avec son canal d'eau douce, son train rapide, ses gares maritimes et les jardins enchantés d'Ismaïlia.


Enfin, un film permanent vous montre les ateliers de la Compagnie et les institutions sociales qui contribuent, sur une rive amie, à l'excellent renom de cette œuvre éminemment française.

Encore une affaire à suivre...
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jeudi 24 avril 2014

Un pavillon Egyptien à l'Exposition de 1911 à Turin ?

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir un pavillon « égyptisant » dans le guide de l'Exposition de 1911 à Turin. A ma connaissance, il n'y avait pas de participation officielle de l'Egypte... mais on ne sait pas toujours tout !


A observer cette photographie du pavillon, on voit tout de suite que nous ne nous trouvons pas devant une reconstitution "pure et dure" d'un temple égyptien, mais plutôt d'un patchwork de l'Egypte antique.
En fait, il ne s'agit pas du tout d'un pavillon représentant une participation de l'Egypte, mais du pavillon (chiosco) Michele Talmone, qui est un fabricant italien de chocolat.

Alors, pourquoi un pavillon pseudo-égyptien pour représenter sa marque ?
Il est un fait qu'à l'époque, la communauté italienne est fort bien représentée en Egypte, aussi bien au Caire qu'à Alexandrie, et l'exotisme joue toujours son rôle attractif. Dans les différentes productions chocolatées fabriquées par Michele Talmone, il y a un produit phare : « Cioccolato delle Piramidi » ; le Chocolat des Pyramides !

Il ne faut donc pas aller chercher plus loin la raison de cette construction égyptienne à l'Exposition de 1911 à Turin.

Même si on ne pense pas immédiatement à l'Italie comme principal producteur de chocolat, il n'en demeure pas moins qu'il existe une tradition turinoise qui remonte au XVIe siècle. Le chocolat était devenu à cette époque la boisson officielle de la cour de Savoie. Les tavernes turinoises ont participer à sa diffusion au cours des XVII et XVIIIe siècles, notamment grâce à une boisson faite d'un mélange de café, de chocolat et de lait, le "Bicerin".

Mais revenons à notre Michele Talmone, il ouvrit son premier atelier de fabrication à Turin en 1850, qui prit un essor incroyable en quelques années seulement, avec des capacités de production accrues grâce à l'utilisation de machines à vapeur. En 1905, la société Michele Talmone est achetée par le célèbre chocolatier Suisse Tobler.

Entre 1868 et 1911, le Chocolat Michele Talmone a participé à de très nombreuses Expositions... Turin, Milan, Paris... et souvent, avec un pavillon à l'architecture exotique.
On trouve par exemple des pavillons aux inspirations mauresques à l'Exposition de 1898 à Turin et à celle de 1906 à Milan.

Difficile de dire à quand remonte les premières représentations égyptiennes sur les emballages du chocolat Talmone, certainement aux alentours de 1900.
Ces représentations agrémentaient bien sûr les boîtes de chocolat, mais faisaient également l'objet de produits dérivés destinés à la promotion de la marque, entre autres, des cartes à collectionner et des cartes postales.

Voilà donc ces quelques premières notes concernant cette présence aux allures égyptiennes du Chocolat Talmone à l'Exposition de 1911 à Turin. Maintenant, il serait intéressant de se pencher sur les autres participations de cette marque turinoise, dans les autres Expos, surtout celles pour lesquelles il avait été réalisé un pavillon particulier.

Carte postale éditée à l'occasion de l'Exposition de 1911 à Turin, avec un visuel dans le même esprit que celui se trouvant sur la boîte métallique du Chocolat des Pyramides.

mardi 1 avril 2014

Expo'67 - Maquettes... photos de Presse !

En faisant un peu de rangement, j'ai remis la main sur ces 3 photos de presse, qui présentent des maquettes de ce que sera la future Expo'67.
Hélas, ces photos ne sont pas datées, mais on sait au moins, qu'elles ont été faites avant l'Exposition universelle de Montréal en 1967. On ne connaît pas non plus le nom du journal où furent publiés ces clichés.

Pour commencer, la maquette du Pavillon de la France... le texte de l'article qui devait être collé au verso a malheureusement disparu...


Ce pavillon de la France fait partie des rares bâtiments d'Expo'67 a avoir été conservé, c'est aujourd'hui le Casino de Montréal, situé sur l'Île Notre-Dame. Ci-dessous, le pavillon de la France pendant l'exposition :



On a un peu plus de chance avec la photo de presse suivante, le texte de l'article étant encore présent au verso de la photo.
Un artiste à conçu de cette manière "La Ronde", le secteur où se trouvera le parc d'attraction de l'Expo'67. Des bateaux mûs par des roues à aubes transporteront les visiteurs à travers l'étang.
A gauche, on peut voir le terminus du réseau de transport en commun. Le port de plaisance (à droite) pourra abriter bateaux et embarcations arrivant à l'Expo par la voie maritime du Saint-Laurent. A droite du port de plaisance, sera érigée la Tour Paris-Montréal, haute de 1,065 pieds. Elle commémorera la fondation de Montréal en 1642 par les membres d'une expédition partie de Paris.
(hélas, cette tour Paris-Montréal ne verra pas le jour !)

Ci-dessous, une photo de La Ronde, le Parc d'Amusement, pendant l'Exposition :


Le dernier cliché concerne un moyen de locomotion... le fameux Expo-Express, le réseau principal de transport entre les différents lieux de l'Expo.
Transport Gratuit et Rapide sur l'Emplacement de l'Exposition
Les visiteurs de l'Exposition universelle de 1967 pourront se déplacer gratuitement, de façon rapide, et aussi fréquemment qu'ils le désireront, entre les différents secteurs de l'Expo. Ils le feront à bord d'un "Expo-Express", commode, attrayant, mû par électricité et construit au Canada. "Expo-Express" constitue le plus important d'un système complexe de transport rapide prévu pour l'Exposition, et qui sera le plus moderne de son genre au monde.


"Expo-Express"... en action :


jeudi 27 février 2014

SUEZ à l'Exposition de Turin ? ou pas...


L'histoire commence avec cette photographie qui m'intrigue. Une tête de Sphinx béante qui accueille des visiteurs, entre autres, on peut lire "SUEZ" sur le pavillon, je reconnais en arrière plan la Place du Château de Turin... et une légende m'indique qu'il s'agit de Torino 1902.

Pavillon de l'Isthme de Suez - Expo 1867 Paris
A noter qu'en 1902 à Turin a lieu la Première Exposition des Arts décoratifs Modernes, donc, il n'est pas incongru de rencontrer un pavillon de "Suez" dans une Expositions, "La Compagnie de Suez" ayant déjà participé à de nombreuses reprises à ces grands événements.
Mais une question se pose, pourquoi ce pavillon a-t-il été installé en plein centre ville, et non pas au bord du Pô sur le site même de l'Exposition ? D'autant qu'après consultation du plan de l'Expo, il ne semblait pas insurmontable d'y placer cet édifice temporaire.
Pavillon de la Compagnie de Suez - Expo 1889 Paris

Après avoir étudié en détail les différents guides de l'Exposition de 1902 à Turin, aucune trace d'un quelconque pavillon estampillé "Suez"... il faut donc se rendre à l'évidence, il n'y a peut être aucun rapport entre ce pavillon et une Exposition turinoise. Solution de facilité, on peut aussi rapprocher ce pavillon de la présence à Turin d'un incontournable musée d'Egyptologie, distant d'à peine 200 mètres de la place ! Mais ce n'est pas encore çà.
Un dernier point me dérange également, cette photographie a l'air bien antérieure à 1902.

Après quelques recherches complémentaires, voici le résultat, certainement très incomplet, mais qui nous offre une explication rationnelle :

Casimiro Teja - Inaugration du 17 septembre 1871
Turin avait été choisi comme étant la ville idéale pour célébrer la jonction du tunnel ferroviaire du Fréjus, reliant Modane (France) à Bardonecio (Italie).
Cette jonction a eu lieu le 25 décembre 1870. Lors de l'inauguration officielle (17 au 19 septembre 1871), un convoi circula de Turin à Modane, avec Ferdinand de Lesseps à son bord (Premier train Paris-Rome octobre 1871).
Ce tunnel représente alors un déplacement notable des routes commerciales nord-sud, de Fréjus à Gênes, Brindisi et Suez. Une nouvelle route s'ouvre donc de Londres aux Indes orientales.

Le pavillon "Bogorama" a été érigé sur la Piazza Castello de Turin, à l'arrière du Palais Madame, à l'occasion du Carnaval de 1870.
La façade, haute de 10 mètres représente une tête de sphinx et comporte l'inscription "Bardoneccio-Suez-Bogorama".
A l'intérieur se trouve un immense panorama de paysages, sur 120 mètres de long et 3 mètres de haut.
On y voyait représenté des points de vues variés et délicieux, allant des Alpes au Caire, puis la rive gauche du Nil jusqu'aux ruines du temple de Thèbes.

C'est Casimiro Teja (caricaturiste piémontais 1830-1897), qui est à l'origine de ce projet de panorama, après le retour d'Egypte des peintres Francesco et Enrico Gamba, Cerutti, Perotti, Barucco, Pastoris et les membres du "Cercle des Artistes" et le "Chevalier de Bogo", Tommas Juglaris.

Ce panorama semble avoir été ensuite emmené à Paris pour y être exposé, mais a périt dans un incendie lors des émeutes de la Commune.

Pour le moment, aucune indication précise quant à la période où a été installé ce pavillon, ni sur la durée. On peut juste imaginer que l'érection est antérieure à la jonction du 27 décembre 1870, certainement entre le 26 février et le 1er avril 1870, à la mi-carême.

Entrée du Tunnel Ferroviaire du Fréjus - Côté français.
Entrée du Tunnel Ferroviaire du Fréjus - Côté italien.
...à suivre !

mardi 25 février 2014

L'Exposition universelle de 1867 à Paris... dans le Journal Amusant

En 1867, comme on peut très bien l'imaginer, le sujet qui est sur toutes les bouches, c'est la seconde Exposition universelle à Paris... et bien sûr, tous les journaux se font l'écho de cet événement à venir, les organes satiriques également.

Nous connaissons tous l'immense palais principal du Champ de Mars, conçu par l'ingénieur Jean-Baptiste Krantz, de forme elliptique, un monstre métallique de 325 mètres sur 110 ! Comme on aime à le faire en France, un surnom a très vite été trouvé à cet incroyable et immense hall de gare... qui est devenu très vite le "Palais Omnibus" !

Le Journal Amusant (journal illustré satirique créé en 1853), suit de manière hebdomadaire l'avancée des travaux et des installations au Champ de Mars. Le numéro 585 du 16 mars 1867, sous le crayon de l'illustrateur Bertall, nous offre une vision toute nouvelle de ce Palais Omnibus... qu'il gratifie d'un nouveau surnom, auquel je l'avoue, je n'aurais jamais pensé.
Ce surnom fait principalement référence à la forme générale de l'édifice, qu'il compare a une immense poêle à frire ! en couverture du journal.
Au centre de cette poêle, des richesses y sont déversées, certainement un rappel, comme s'il en était besoin, des coûts faramineux que représente la mise en oeuvre d'un tel événement.
Sur le pourtour de la poêle, des sacs de monnaies étrangères nous rappellent les nations invitées et participantes. C'est aussi les gains et devises apportés, par les exposants... et les visiteurs.

Quant aux deux soudards à la base de l'illustration, il semble un peu moins aisé d'en interpréter le sens. Le personnage de droite, porte l'inscription "Club international de MM. les Viveurs et Godailleurs". Cela fait certainement référence à la période festive de l'exposition, et d'éventuels débordements.
Et pour le personnage de gauche, du "Club International de MM. les Tueurs"... il s'agit certainement des exactions qui pourraient être commises lors de l'Exposition, par des bandits attirés par cette manne de riches visiteurs, français et étrangers, car effectivement, les pick-pockets afflueront !


Louons sans aucune réserve la commission d'avoir donné au bâtiment en tôle de l'Exposition universelle l'aspect d'une gigantesque poêle à frire. Heureuse idée pour indiquer que là se concentreront toutes les recettes les plus variées de la cuisine sociale.

Terminons quand même cet article avec une "vraie" photographie du grand Palais de l'Exposition de 1867... Album Léon&Levy.



mercredi 19 février 2014

Expo France 2025 - Auditions de la mission parlementaire, avec Vicente Gonzalez Loscertales, secrétaire général du BIE

Suite de la passionnante saga des Expos... présentées et expliquées auprès de la mission parlementaire Expo France 2025...
qui reçoit cette fois-ci le Secrétaire général du Bureau International des Expositions, M. Gonzalez Loscertales.



M. Vicente Gonzalez Loscertales, Secrétaire général du BIE.
Le secrétaire général semble rassurant quant au projet français, et prodigue ses conseils et ses explications... de manière très diplomatique.

Il connait bien son affaire, et il connait surtout très bien les Expos !

Le projet actuel n'a pas que des points positifs mais peut cependant acquérir une vraie légitimité, moyennant de forts ajustements.

Le dossier final aura intérêt à être bien bordé pour que ne resurgissent pas les points faibles, qui pourraient, le cas échéant, être exploités par les autres concurrents !

Comme lors de la précédente cession, M. Gonzalez Loscertales déconseille fortement cette idée d'exposition éclatée dans le Grand Paris.
M. Fromantin, bien conscient que Expo France 2025 doit avant tout proposer une vraie "expérience" aux visiteurs, n'en demeure pas moins fidèle à ses premières idées... réutiliser et revisiter les anciens site parisiens des Expos... en espérant qu'ils ne seront pas trop éloignés du cœur de l'événement !


Pour la petite histoire, nous excuserons Yves Albarello (député 77), qui nous gratifie d'un petit retour historique, et nous rappelle que la première Exposition universelle de 1900 à Paris, a vu la construction de la Tour Eiffel... ;-)

Expo France 2025 - Auditions de la mission parlementaire, avec Bernard Testu, Jean-Pierre Lafon et Pascal Rogard

Intéressante réunion d'information sur le projet Expo France 2025, sous la présidence de Jean-Christophe Fromantin, qui reçoit M. Bernard TESTU, ancien vice-président du BIE; SEM Jean-Pierre LAFON, président honoraire du BIE et M. Pascal ROGARD, chef de la délégation française auprès du BIE.




Des interventions aussi enrichissantes que passionnantes !

Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine.
Les précisions techniques de Bernard Testu ont été certainement très utiles aux personnes de la commission, au même titre qu'aux porteurs du projets.
Même s'il n'a pas été trop "méchant", quant à cette proposition d'éclatement du site, cet aspect négatif a été confirmé par Jean-Pierre Lafon et Pascal Rogard.
C'est d'ailleurs un point sur lequel j'avais déjà eu l'occasion de parler avec le président honoraire du BIE... un avis que nous partageons depuis le début de ce projet, mais pour lequel Expo France 2025 avait l'air de douter, ou de vouloir passer outre.
J'espère que cette fois-ci, ce point plus que problématique sera complètement intégré !

M. Bernard TESTU, ancien vice-président du BIE
Certes, les exemples dans les précédentes expositions sont assez rares, mais tous ce sont révélés assez catastrophiques. A Shanghai, il suffisait pourtant de "seulement" traverser le fleuve, malgré la proximité, la zone de Puxi a eu une fréquentation assez ridicule face à l'autre rive.

Et même si les intervenants se sont voulus assez consensuels, il faut bien imaginer que si le projet reste en l'état, ça serait éliminer la France de toute chance de voir sa candidature soutenue et "votée" par les pays membres du BIE... même si ça ne va pas complètement dans le sens du projet "Grand Paris" imaginé par M. Fromantin.

Si Bernard Testut reste assez vague concernant le lobbying, ce que l'on peut comprendre, il reste bien évident d'une importance cruciale dans le choix du pays organisateur d'une Exposition universelle. Il ne faut pas confondre bien sûr lobbying et "pot de vin", même si, cela peut arriver, comme dans tout type d'élection de ce genre, mais cela reste marginal. Il faut plutôt se focaliser sur le travail diplomatique, les échanges économiques et scientifiques, et facteur à ne pas négliger, la géopolitique.

Jean-Pierre Lafon, Président d'honneur du BIE
Comme me l'a répété un bon ami (ancien président du BIE, que je ne citerai pas), tout n'est qu'une affaire de bon sens. Si l'on recherche des solutions innovantes, mais par trop alambiquées, on va au casse-pipe !
Il faut rester dans la logique "Expo"... suivre les règles édictées par le BIE, basées sur la connaissance et l'expérience des Expos... et bien sûr, à partir de cela, ne pas hésiter à venir y greffer de bonnes idées, innovantes, originales, mais en gardant le noyau viable, et propre aux Expositions, celui qui sera à même de crédibiliser le projet, et de rassurer les futurs participants.

Jean-Pierre Lafon l'a explicité à plusieurs reprises, une Expo éclatée aboutirait à un projet trop "complexe" (transports, coûts, etc.).

Pascal ROGARD, chef de la délégation française auprès du BIE
Pascal Rogard nous a ramené à des considérations un peu plus pragmatiques, quant aux coûts de l'organisation d'une Exposition universelle. Même si une exposition est un formidable catalyseur, la France a-t-elle les moyens de cette ambition ?
Plus que l'organisation elle-même, qui pourrait "pratiquement" s'autofinancée, la candidature quant à elle pourrait être un trou sans fond, pour concurrencer d'éventuelles autres candidatures.

Pour obtenir les voies des membres du BIE, il faut pouvoir apporter la meilleure attractivité de projet, donner envie d'être choisie, faire rêver, etc... et cela à un coût exorbitant, comme on a pu le constater avec les dernières candidatures, que ce soit pour Expo 2017 avec Astana, ou Expo 2020 avec Dubaï (et Ekaterinbourg), où la surenchère a été de mise pour ces riches candidatures.