vendredi 7 novembre 2014

Paris sera candidate à l'Exposition universelle de 2025

Exposition universelle de 1900 à Paris.

François Hollande a annoncé, jeudi 6 novembre, la candidature de Paris à l'organisation de l'Exposition universelle de 2025.

« La France est capable de grands événements, de grands chantiers », a déclaré le chef de l'Etat sur TF1, citant notamment la récente réouverture du Musée Picasso à Paris et l'organisation en 2016 de l'Euro de football.
Dans un récent rapport, des parlementaires estimaient qu'une candidature de Paris à la prochaine Exposition universelle réenclencherait une « dynamique » dans le pays.


Le centriste Jean-Christophe Fromantin et le socialiste Bruno Le Roux faisaient valoir dans ce rapport l'importance de cette candidature, surtout dans une période où « notre pays a besoin plus que jamais de faire valoir ses atouts ». La France n'a pas accueilli d'Exposition universelle depuis 1900.

Pour y parvenir, il faudra avoir déposé la candidature du pays à partir de 2016. Le Bureau international des Expositions prendra sa décision en 2019 au plus tard. A la mi-octobre, le premier ministre, Manuel Valls, avait lui-même qualifié l'Exposition universelle de « magnifique opportunité pour l'image dans le monde du Grand Paris et de la France » .

Le chef de l'Etat s'est également déclaré « favorable » à une candidature de Paris aux Jeux olympiques d'été de 2024, estimant que la tenue d'un tel évènement apporterait « un moment de ferveur » et permettrait la création de « plein d'emplois ».

Le Monde

Exposition internationale des « Arts et des Techniques appliqués à la Vie moderne 1937.

mercredi 29 octobre 2014

La Turquie à l'Exposition des Arts décoratifs de Paris 1925

La Turquie a toujours participé aux Expositions universelles... dès 1851 à Londres... et les premiers "vrais" pavillons datent de l'Exposition universelle de Paris en 1867 avec, excusez du peu, un parc regroupant pas moins de 3 constructions, la Mosquée de Brousse, les Bains turcs et un charmant kiosque du Bosphore... et les participations de la Turquie se sont poursuivies jusqu'à aujourd'hui.

Aujourd'hui, nous sommes le 29 octobre 2014, une date importante pour la population turque. En effet, la Turquie fête le 91ème anniversaire de la République qui vit le jour en 1923 grâce à Mustafa Kemal Ataturk.
Il m'a paru opportun d'évoquer la première participation turque à une Expo, en tant que République.

1925, Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes !
La Turquie est présente en différents lieux de l'Expo :
- le Pavillon principal, rive droite près du Grand Palais
- la Section Turque, Invalides et Galerie du Grand Palais,
- le Village Turc, Quinconces des Invalides,
- le Restaurant de Luxe Turc, aux bords de la Seine, au Cours-la-Reine.

Le Commissaire générale de la Section Turque est M. Faik Sabri Bey.


Pavillon national de la République Turquie :
Le pavillon est plutôt d'aspect traditionnel. L'architecte en est M. Maurice Fildier et le décorateur M. Alexandre Raymond, dont on connaît l'érudition en matière d'art islamique.
Il est décoré à l'extérieur et à l'intérieur de véritables faïences de Kutanïa exécutées par la Société des Faïences Clark, d'après des compositions d'Alexandre Raymond et Saoud Effendi, artiste calligraphe.
L'intérieur du pavillon nous offre, selon le goût turc, un grand nombre de tapis, des tissus de Brousse, des travaux en nacre et en fils d'or, des costumes, des dentelles, des bijoux.
La fontaine en faïence, dans le hall principal, a été composée par Ali Sami Bey.
En face du Pavillon, au bord de la Seine... nous allions dire du Bosphore, puisque nous pouvons nous promener en caïque... le restaurant turc, avec un orchestre turc et des jardins à la turque...
et nous voici dans l'atmosphère poétique évoquée si délicieusement par Pierre Loti.

Section Turque aux Invalides :
Le plan de l'arrangement d'ensemble est dû à Alexandre Raymond et Maurice Fildier.

Section Turque, galerie du Grand Palais :
Chambre Turque: plan de l'arrangement d'ensemble préparé par Zuhdi Bey, architecte du Musée de Constantinople, sous la direction de Halil Edhem Bey, directeur des Musées.

Village Turc aux Quinconces des Invalides :
On y trouve le Café turc et huit kiosques, suivant les plans de l'architecte Maurice Fildier.

Restaurant de Luxe Turc en bords de Seine au Cours-la-Reine :
Réalisé d'après les plans de l'architecte Maurice Fildier et décoré par Alexandre Raymond.

Restaurant de Luxe Turc, en bord de Seine.

Les principaux exposants de la Turquie :

  • Manufacture d'état de Héréké,
  • Société des Faïences de Clark à Kutaïa (Cutaia),
  • L'Usine des faïences de Nouri Pacha à Kutuïa,
  • Croissant Rouge - Section des Femmes
  • Association des Dames Turques de Constantinople (Istanbul),
  • Manufactures de Tapis de Sparta (Isparta),
  • Manufactures de Tapis de Kaïsseri (Caiseri),
  • Manufactures de Tapis de Smyrne (Izmir)
  • Vassif Bey, Ateliers de nacrerie de Bechiktach,
  • Manufactures de Soieries de Brousse,
  • Manufactures de tissus imprimés de Scutari,
  • Selim Bey, articles en écume de mer et ambre,
  • Ecole des Beaux-arts de Constantinople,
  • Ecole des Jeunes Filles de Constantinople.

Situation du Pavillon et du Restaurant, en bord de Seine, à proximité du Grand Palais :


J'aurai l'occasion de revenir en détail sur cette intéressante participation de la Turquie à Paris en 1925. Hélas, les documents sont assez rares, et nous aurons, il me semble, peu d'images à nous mettre sous la dent !
A suivre...

vendredi 24 octobre 2014

24 octobre 2014 - Happy ChampagneDay !!

Concept né aux USA il y a quatre ans, le « Champagne Day », c'est le 24 octobre !

Le comité départemental du tourisme (CDT) et Cap’C entendent faire mousser l’événement sur les réseaux sociaux. L’idée est tout simplement de se prendre en photo (ou en vidéo) une flûte de champagne à la main et de la partager ensuite avec la terre entière. Une animation est prévue aujourd'hui de 18 h 30 à 21 h au cœur de Troyes, sur les quais, en présence notamment du groupe La Bastide qui jouera Brel, en clin d’œil aux Nuits de Champagne. Le CDT a également souhaité promouvoir l’événement à l’extérieur du département. Des kakémonos de trois mètres de haut, spécialement confectionnés pour l’occasion, seront déroulés à Dijon, Nancy et Strasbourg. Pour agrémenter le tout, un concours photo est lancé sur facebook avec un séjour en montgolfière à gagner.
http://www.lest-eclair.fr/troyes/preparez-vous-a-celebrer-le-champagne-day-vendredi-ia0b0n296150

Et comme le Champagne a toujours été présent lors des Expositions universelles... et le sera toujours... puisque éternellement associé aux grands événements...
j'en profite pour faire un petit clin d'oeil au fameux Pavillon du Champagne, présent à la plus fabuleuse des Expositions universelles, celle au carrefour de deux siècles, à Paris... en 1900 !


Les grands marchands de vins de Champagne (noblesse oblige !) se sont signalés par la recherche et le luxe artistique de leur palais. Cette construction, de style Louis XV, est consacrée à l'apothéose de la bouteille de Champagne et ornée d'attributs modelés par le sculpteur Peynot.



En savoir plus à propos de cet événement : http://www.champagneday.fr/

mardi 21 octobre 2014

Expo 2023 Minnesota's World Fair

Il semblerait que le projet du Minnesota pour une Exposition spécialisée en 2023 se confirme... du moins, leur démarche avance et ils semblent s'être rapprochés du Bureau International des Expositions... car comme nous le savons tous, les Etats-Unis ne sont plus membres du BIE !

Evidemment, il est toujours possible d'organiser une Expo hors BIE... mais c'est risquer une aventure très hasardeuse.

Avec 168 pays membres en 2014, c'est l'assurance d'avoir un vrai succès planétaire...

Le Thème d'Expo 2023 Minnesota's World Fair vient d'être dévoilé il y a quelques heures à peine...
Ce sera donc la Santé en général, la Santé des gens, mais aussi celle de notre planète.


Healthy People, Healthy Planet

On peut noter que ce thème avait déjà été celui de la ville d'Izmir dans le cadre de sa candidature pour Expo 2020. On avait d'ailleurs remarqué que dans l'état, ce thème n'avait pas forcément été complètement apprécié par les pays membres du BIE, souvent jugé "pas assez fun"... et que pour cette raison, ils avaient, en cours de candidature, élargi un peu cette thématique afin de la rendre un peu plus attractive !












lundi 20 octobre 2014

L'Albanie, à l'Exposition international de 1937 à Paris

On pourrait penser que les Expositions universelles, c'est quelque chose de très récent pour la République d'Albanie, ce charmant petit pays situé dans l'ouest de la péninsule balkanique, avec cette belle ouverture sur les mers adriatiques et ioniennes, et des frontières aujourd'hui, avec pas moins de 4 pays, le Monténégro, le Kosovo, la Macédoine et la Grèce...

...et non, l'histoire des participations de ce pays dans les Expos n'est pas si récente. Je vous propose de retourner 77 ans en arrière, et de retrouver l'Albanie fièrement installée à l'Exposition internationale des Arts et des Techniques appliqués à la Vie moderne, en 1937... à Paris.


L'intérieur de l'exposition de l'Albanie peut paraître simple et dépouillée, mais il faut garder à l'esprit que nous sommes en 1937, à l'apogée de l'Art déco, qui prône des lignes droites et épurées, c'est la géométrie qui prime, pas de place ici aux détails baroques ou pittoresques, c'est l'ordre qui règne partout ou presque, à l'Expo !

Voilà ce que nous en dit M. Camille Damman, Commissaire général de l'Albanie à l'Exposition de Parsi 1937 :

L'Albanie, après avoir lutté pendant des siècles, vient, il y a vingt-cinq ans à peine, de retrouver l'indépendance nécessaire à son épanouissement. L'Albanie était née, son berceau fur agité et sa jeunesse pleine de soucis ; elle se développe au milieu du drame de la Grande Guerre qui divisait l'Europe. Successivement Principauté, République, Régence, elle modifia définitivement la forme de sa constitution le 1er septembre 1928. A cette date mémorable, toutes les forces nationales réunies proclamèrent d'enthousiasme la monarchie héréditaire dans la famille du Roi Zogu 1er, ce chef incontesté dont l'autorité et la fermeté des aspirations nationales étaient devenues pour tout son peuple un symbole consacré.


L'Albanie allait enfin connaître des jours de paix qu'elle allait consacrer à son redressement. A partir de ce moment, le pays connut la plus grande activité non seulement dans le domaine de son organisation intérieure mais aussi dans celui de ses relations internationales et vous pourrez le constater, en parcourant notre Section, que les résultats obtenus, après dix années de paix et de travail, sont des plus appréciables et nous permettent les plus grandes espérances.

Dernier né sur la carte de l'Europe, nous ne pouvons vous montrer en Albanie ni usines gigantesques, ni art d'avant-garde. Le loisir nous a manqué pour de pareilles créations. Notre technique est d'avoir, par une volonté opiniâtre, redressé le pays et notre art d'y avoir incontestablement réussi.

Nous avions quelques scrupules à accepter l'aimable invitation du Gouvernement français à nous joindre à cette grande manifestation mondial d'Arts et Techniques dans la Vie Moderne. Nous ne pouvons, en effet, avoir la prétention de rivaliser avec d'importants pays. Nous n'avons jamais participé à une Exposition internationale et nous allions y renoncer lorsque notre gouverneur s'est est décidé, voulant apporter à la France ses sentiments de grande sympathie et aussi pour montrer ce qu'un Etat nouveau, harmonieux dans son ensemble d'équilibre et de proportion, avait créé au point de vue culturel, social et économique.


Nous avons puisé, dans l'organisation mondiale, en l'adoptant à nos besoins personnels et sans brusquer nos coutumes ancestrales, tout ce qui est propre à moderniser notre organisation sociale.

L'enseignement, à tous les degrés, a été largement développé et les institutions techniques et professionnelles forment un artisanat dont le sens pratique s'allie, dans la plupart des cas, au sentiment artistique traditionnel de nos populations. Les travaux de broderies, aux couleurs chatoyantes et d'un dessin si personnel et si varié, vous en donnent un exemple éclatant.

Notre Section vous montrera le développement intense de notre agriculture et la grande variété de ses produits, son utilisation ; et l'exploitation de nos mines et forêts ; la chasse et le commerce des fourrures, huile, pâtes diverses, savonneries, produits alimentaires ; nos distilleries, brasseries et aussi, et surtout, nos excellent tabacs albanais, rivalisant avec les meilleurs d'Orient et dont la culture est l'objet de constantes préoccupations.

Dans un stand spécial, vous pourrez admirer notre organisation touristique. Le soleil et le charme si particulier de nos paysages vous invitent à venir visiter notre beau pays où l'accueil le plus sincèrement cordial vous est acquis.

Camille DAMMAN,
Commissaire générale de l'Albanie.


L'Albanie expose dans le Pavillon International, au Champ de Mars

C'est un vaste bâtiment de 6 000 m², aux lignes à la fois élégantes et sobres.
Il abrite toutes les productions d'ordre divers qui n'ont pu, faute de place, être exposées dans les pavillons respectifs des nations étrangères où dans les classes françaises internationalisées.
Aux stands des pays exposants représentés dans ce Pavillon figurent des séries remarquables dans tous les domaines.

Architectes : MM. Abella – A. et H. Guitton – Demenais.
Collaborateur Artiste :
Sculpteur : M. André Vincent BECQUEREL, figure décorative en plâtre patiné bronze « Jeune filles aux colombes ».

Nations exposants dans le Pavillon International :
Albanie – Allemagne – Autriche – Danemark – Espagne – Grande-Bretagne – Pologne – République Dominicaine – Tchécoslovaquie – Yougoslavie – ORT-Union – Culture Juive.

Hélas, il est très difficile de trouver des photos de ce Pavillon International. J'ai presque fait le tour de mes collections, mais rien pour le moment. J'ai également demandé à un ami, grand collectionneur quasi-exclusif de l'Exposition de 1937... rien non plus... mais on garde espoir.

On pourrait cependant croire à un pavillon fantôme, c'est déjà arrivé dans de nombreuses Expos. Les catalogues ou revues, éditées avant l'événement, pouvaient présenter des différences par rapport aux réels aménagements.
Mais ici, ce n'est pas le cas, le pavillon est à la fois visible sur de nombreux plans, et même, sur la vue aérienne du Champ de Mars, ci-dessous, matérialisé de couleur ocre :


Nous sommes ici à l'extrémité sud du Champ de Mars, on aperçoit l'Ecole militaire en haut de la photo, et devant, le large pavillon de la Lumière, qui ferme l'enceinte de l'Exposition (voir plan ci-dessous).
Le pavillon international est entouré des pavillons d'Haïti, de la Bulgarie, de l'Australie, du Mexique, de l'Enseignement et de l'Orientation professionnelle (lui faisant face), de l'Union Sud Afrique, de l'Irak, du Brésil, du Pavillon de la Lumière, du Venezuela, et pour finir, du Pérou.


J'espère pouvoir revenir bientôt avec d'autres photos de cette exposition des produits albanais, mais aussi avec au moins une photo de ce Pavillon international... à suivre.

vendredi 17 octobre 2014

Lecture... Siam d’hier Thaïlande d’aujourd’hui

Siam d’hier Thaïlande d’aujourd’hui
Patrick Binot, Jean Marcel et 31 auteurs | juillet 2014

31 plumes déliées, précises et souvent illustres nous racontent l’histoire riche et extraordinaire des relations du Royaume avec les pays francophones d’Occident. Elles soulignent aussi la grande pérennité, dans notre regard, de « l’âme siamoise » à travers les âges.

Entre autres documents inédits ou presque, le pavillon du Siam à l'Exposition universelle de 1867 à Paris.
Le livre
Premier ouvrage du genre à présenter les principaux textes qui illustrent l’histoire dense et déjà longue des relations du Royaume avec les pays francophones d’Occident (France, Belgique, Québec, Suisse), cette anthologie issue des auteurs s’exprimant en français sur le Siam ancien et la Thaïlande moderne nous plonge dans le passé flamboyant – et parfois bien singulier vu d’aujourd’hui – des princes, diplomates, missionnaires et militaires, elle se poursuit dans l’ébauche d’un monde contemporain où explorateurs et visiteurs qualifiés prennent un relais tout à la fois aventurier, savant, élitiste et individualiste sur ce qui relevait jusqu’alors du domaine réservé des États et des religions, pour se fondre enfin en nos temps modernes où un tourisme butineur ne se nourrit plus que de notre insatiable appétit d’exotisme.

De Jacques de Bourges ou Simon de La Loubère à Morgan Sportès en passant par Paul Morand et bien d’autres, les plumes déliées, précises et souvent illustres choisies et présentées par Patrick Binot et Jean Marcel nous racontent cette histoire riche et à bien des égards extraordinaire. Elles nous en restituent les contextes particuliers, l’atmosphère qui leur était propre selon les années où elles livrèrent leur témoignage, mais nous en soulignent aussi la grande pérennité, de ce que d’aucuns appelleraient, du Siam à la Thaïlande dans notre regard, « l’âme d’un peuple » à travers les âges.

Une sélection de 31 textes de Jacques de Bourges, Nicolas Gervaise, Alexandre de Chaumont, François-Timoléon de Choisy, Claude de Forbin, Simon de La Loubère, Jean Donneau de Visé, Guy Tachard, Maréchal Desfarges, Pierre Bigrot, Voltaire, Louis de Jaucourt, Jean-Baptiste Pallegoix, Henri Mouhot, Ludovic de Beauvoir, Georges « Puck » Chaudoir, émile et Denise Jottrand, Charles Buls, étienne Lunet de la Jonquière, André Malraux, Paul Morand, Guy de Pourtalès, Jacques May, Jean Decoux, André Gomane, Morgan Sportès, Lorenzo Pestelli, Marguerite Yourcenar, Jean Marcel.

Avec deux livrets photos dont la plupart inédites.

L'auteur
Patrick Binot est né en Belgique en 1959. Après avoir obtenu une maîtrise en Langues & Linguistique à l’Université Libre de Bruxelles (U.L.B.), il a enseigné le français en Espagne pendant 16 ans. Depuis 2002, il vit et travaille en Thaïlande. Il est actuellement lecteur de français à l’Université Srinakharinwirot de Bangkok.

Jean Marcel est né au Québec en 1941. Professeur à la retraite de l’Université Laval (Québec). Docteur en philologie et littératures romanes du Centre d’études supérieures de civilisation médiévale (Poitiers). Academic expert (conseiller spécial) à la section de français de l’Université Chulalongkorn (Bangkok), il poursuit en Thaïlande depuis 25 ans sa carrière d’écrivain.

lundi 13 octobre 2014

Le Pavillon de Monaco, à l'Exposition universelle de 1889 à Paris

Je vous propose une petite visite du pavillon monégasque, avec les commentaires d'époque...
Il se trouvait à proximité de la Tour Eiffel, plus précisément au coin du Palais des Beaux-Arts et devant le pavillon des Pastellistes Français, dans la partie Est du Champ de Mars, côté Avenue de la Bourdonnais.

Nous aurons l'occasion de revenir sur ce pavillon de Monaco prochainement, pour une visite un peu plus poussée, et d'autres documents iconographiques... en espérant exhumer, quelques photos intérieures... qui sont toujours beaucoup plus rares.
En attendant, bonne visite !


Ah ! Le gracieux petit palais que ce pavillon de Monaco et comme il méritait bien la place à part qui lui avait été faite près du Palais des Beaux-Arts, et l'engouement tout particulier du public ! Par exemple, ne nous demandez pas de vous en définir l'architecture, de vous en présenter le style :  la fantaisie seule présida à cette composition, menée par le souci de faire quelque chose qui participât à la fois du français et de l'italien, comme la Principauté elle-même, sans rien aliéner de l'esprit d'indépendance qui fait le fond du caractère monégasque. D'époque précise, pas davantage... Au fait, nous devons nous tromper. C'est le comble du modernisme, voire même de fin de siècle que de composer en jouant des coudes à travers les styles et les époques, en prenant son bien où on le trouve et le beau partout où il fleurit. Si nous jugeons des résultats qu'on peut y obtenir par le succès qui valut à l'architecte M. Ernest Fauty, la composition du pavillon de Monaco, nous n'aurons qu'à nous incliner, charmés – et nous nous inclinons.

Nous nous revoyons encore arrivant au pavillon, accueillis par les statues rêvant près des fontaines, dans l'ombre des palmiers, des eucalyptus et des oliviers, parmi les senteurs voluptueuses des orangers et des roses. Comme cet accueil vous disposait à trouver tout aimable, à tout admirer. Et, de fait, on s'extasiait, sans avoir à y mettre la moindre condescendance.


Le pavillon se composait d'un grand hall avec quatre pavillons carrés aux angles. Comme entrée principale, une loggia en portique. Les quatre façades décorées en faïences monégasques formant frises, ces faïences dont nous retrouverons, à l'intérieur, des échantillons remarquables par la vivacité de leurs couleurs et le dessin de leurs ornementations, et témoignent d'un effort réel dans la voie artistique.

L'intérieur du hall comprenait une grande nef avec bas-côtés séparés d'elle par des colonnes et doucement éclairés par des baies à vitraux. A droite de l'entrée, le portrait du prince héritier de Monaco ; au fond de la nef, émergeant des fleurs d'une serre, le buste en marbre du prince Charles III, placé là comme chez lui, au pays des roses...


Chose bizarre ! Cette terre privilégiée, gâtée par le soleil, bercée par les bruits de la mer, abrités des vents par la montagne ; cette terre où tout est motif à rêverie, où tout invite au farniente nous envoya une exposition presque uniquement composée de produits industriels. Ce n'est pas les artistes qui manquent dans la Principauté, mais ils sont français ou italiens ; Monaco se contente de leur fournir le soleil et les enchantement des sites. Signalons pourtant – car elles le méritent – deux œuvres artistiques remarquées au pavillon monégasque : un buste, de M. Stecchi, et une vierge, de M. Cordier, cette dernière sculptée pour la cathédrale de Monaco.

Après avoir donné un coup d'œil aux produits industriels : les faïences – dont nous avons déjà parlé – la parfumerie, la marqueterie, les chapeaux de paille et des paniers brodés si connus, on s'arrêtait avec un intérêt des plus vifs, devant l'exposition des travaux du prince héritier, exposition qui, d'ailleurs, occupait la moité de la place totale et constituait le seul attrait sérieux de l'intérieur du pavillon.


Le prince héritier – aujourd'hui régnant – fut et est resté sans doute un amant passionné de la mer en même temps qu'un savant affamé de découvertes. Tous les ans, il s'embarquait sur son yacht et passait les mois d'été à étudier le fond de l'océan. Ce sont les résultats de ces études, de véritables chasses à l'inconnu, qui nous furent exhibés au pavillon monégasque. D'abord, des photographies prises par le prince au cours de ses voyages et indiquant ses travaux ; puis, dans des bocaux, les animaux cueillis au fond de la mer ou entre les rochers : des crabes nains et des crevettes géantes, des chenilles, un porc-épic et des araignées de mer, un poisson-chien, une façon de sirène à tête de dogue, des polypes enfin, la plupart inconnus – et à côté de ces trouvailles ; comme le fusil près du gibier rapporté, l'appareil inventé par le prince pour sonder le fond de la mer, jusqu'à une profondeur de trois kilomètres, et en ramener les algues et leurs habitants.

Un autre travail à l'exécution duquel les goûts scientifiques du prince héritier ne furent sans doute pas étrangers, ce sont des reproductions de sceaux anciens exposés par M. Saige, archiviste de la Principauté, un savant doublé d'un littérateur de talent.

En somme, à part les travaux maritimes, du prince héritier, peu de choses à vois dans le pavillon monégasque et absence presque complète d'œuvres d'art. Eh bien ! Si peu que cela fût, nous nous étonnions encore de l'y trouver : c'est surtout aux pays de soleil qu'il est doux de ne rien faire, et parmi ces pays, nous n'en savons pas qui offrent plus de circonstances atténuantes à la mollesse que cette Principauté enchantée.

Monod, Paris 1889

vendredi 10 octobre 2014

Grenoble 1925 - Les Fontaines Lumineuses de l'Exposition de la Houille Blanche et du Tourisme à Grenoble


Chose promise, chose due...
Un lecteur m'avait demandé des renseignements sur ces fameuses fontaines lumineuses par email, voilà quelques détails... et quelques vues de nuit, en carte postale.
C'était pourtant à la mode à l'époque, mais il ne semble pas y avoir de cartes photos colorisées de ces fontaines, ou alors... elles ne sont pas arrivées jusqu'à moi !
De même, il aurait été agréable et intéressant de voir ces illuminations sur autochromes... il faut y croire! Il faudra donc, pour le moment, se contenter de ce dessin colorisé.



De tout temps, les fêtes de nuit avec illuminations ont aidé aux réjouissances des foules ; aussi, l'ingéniosité humaine a toujours cherché à obtenir des effets surprenants, mettant en œuvre des moyens d'autant plus dissimulés que les moyens techniques progressaient.

Les premières fontaines lumineuses sont d'origine assez récente, et furent imaginées par Holloway qui les produisit pour la première fois en Angleterre ; puis, quelques années après, à l'Exposition universelle de Paris en 1889 ; l'ingénieur Bechmann les fit installer et compléta lui-même un ensemble important dont la présentation nouvelle fut un très grand succès.

Succès légitime d'ailleurs, dû tout à la fois à la nouveauté, à la réussite et au contraste lumineux, que l'éclairage extérieur médiocre de l'époque rendait plus avantageux.

Depuis ce moment, dans quelques expositions et fêtes on a tenté de réaliser des fontaines lumineuses avec un très inégal succès, et cette attention concerne un réel attrait lorsqu'elle peut être montrée dans la forme magnifique réalisée à Grenoble.

Les dispositions d'Holloway, de Bechmann et de quelques autres sont caractérisées par la nécessité d'aménager sous les bassins, aux endroits des jets et des illuminations, des caveaux en infrastructure dans lesquels les sources de lumière et les dispositifs accessoires sont installés et manœuvrés. Des cheminées étanches sont aménagées pour que la lumière arrive sous les jets d'eau, certains constructeurs ont même fait passer le flux lumineux à travers l'ajutage des jets, mais ce système conduit nécessairement à une perte notable du flux lumineux et à des réalisations assez compliquées.

Dans les fontaines lumineuses de l'Exposition de la Houille Blanche et du Tourisme à Grenoble, rien de tout cela n'a été nécessaire grâce à l'emploi des procédés brevetés S.G.D.G. De Brandt, l'ingénieur électricien bien connu dans le monde de l'électricité.


Ces fontaines lumineuses ont été réalisées en collaboration par les trois maisons suivantes, chacune particulièrement qualifiée dans sa spécialité :
Pour la partie hydraulique, par MM. Kula frères, constructeurs, 19, rue Viete, à Paris.
Pour la partie illumination, par MM. Brandt et Fouilleret, département Eclairage rationnel, 23, rue Cavendish, à Paris.
Pour les canalisations électriques, par MM. Ch. Milde fils et Cie, constructeurs, 60, rue Desrenaudes, à Paris.
Pour les moteurs, par les Ateliers Lyon-Dauphiné (Matériel Grammont) 10, rue d'Uzès, à Paris.

Ce qui caractérise les procédés Brandt, c'est la facilité d'installation de fontaines lumineuses dans n'importe quel endroit et sans travaux préalables.

A cet effet, des projecteurs blindés et étanches spécialement étudiés sont immergés pour la commodité des visiteurs, auraient pu se trouver en tout autre endroit, toutes les commandes s'effectuant à distance.

Une des parties remarquables de l'installation réside dans la commande des divers circuits électriques des projecteurs.

Ces circuits, en nombre important, sont reliés à 12 groupes de relais contacteurs. Ceux-ci sont mis en action par 3 combinateurs, tournant automatiquement à des vitesses différentes, entraînés par des roues à nombre de dents premiers entre eux. Il en résulte que le cycle des allumages et extinctions des projecteurs comporte de milliers de combinaisons avant de reproduire les mêmes effets. Il est facile de concevoir la variété des coloris que l'on pourra admirer au cours de ces féeries.

Cette véritable vie lumineuse serait incomplète si les jets d'eau ne variaient en volume et en pression, par un système de réglage convenable.

Les commandes électriques des projecteurs et celles des vannes hydrauliques sont réunies en un même endroit et le contrôle de cette vaste installation est assuré par un seul homme.


Nous terminerons cet exposé par quelques renseignements sur le fonctionnement hydraulique des fontaines lumineuses :
La quantité d'eau utilisée dans les gerbes lumineuses est considérable ; elle atteint deux millions de litres à l'heure.
La mise sous pression de l'eau nécessite une puissance électrique de 400 Kws.
Enfin, les principaux jets d'eau atteignent des hauteurs variant de 18 à 50 mètres.

Guide Catalogue Officiel Grenoble 1925

Fontaines et bassins en bleu, sur Base plan Archives de Grenoble - http://archives.grenoble.fr/site/index.html

jeudi 9 octobre 2014

Grenoble 1925 - Exposition internationale de la Houille Blanche et du Tourisme - Projet 3D - #14

Voilà une étape qui se termine, avec le placement des éléments déjà réalisés, Palais de la Houille Blanche, Fontaines, Petit et Grand Palais de l'Italie, en tenant compte des différents dénivelés, qui doivent se rapprocher de la réalité, faute d'avoir suffisamment de références précises.

Pour le moment, je n'ai pas encore décidé quel sera le prochain pavillon à être modélisé... le Palais du Tourisme est bien sûr assez tentant, du fait de son architecture originale et très "Art Déco".








Coup d'envoi de la construction du Pavillon France le 29 septembre 2014 à Milan

Pose de la première arche du Pavillon France - Lundi 29 septembre 2014...
par le Ministre français de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt.


4 axes majeurs :
- Contribuer à la sécurité alimentaire mondiale,
- Produire plus et mieux,
- Contribuer à ce que tous les peuples du monde puissent accéder à une alimentation de qualité et en quantité suffisante,
- Allier quantité et qualité.

Pour en savoir plus alimentation.gouv.fr/milan-2015

mercredi 8 octobre 2014

Expo'67 Montréal - Pavillon de Monaco #1



Face à la Place des Ingénieurs, dans l'île Notre-Dame, le pavillon de Monaco présente l'aspect original de plusieurs tours tronquées s'emboîtant les unes dans les autres et entourant un "cinéma-jardin" situé en bordure d'un canal, le tout dans un cadre de fleurs, de verdure et de plantes exotiques.


Dès son entrée dans ce pavillon, où l'attend une ambiance monégasque, le visiteur est convié à une promenade à travers l'accueillante Principauté méditerranéenne. En traversant les différents secteurs du pavillon, tantôt à ciel ouvert, tantôt discrètement ouvert, dans lesquels sont évoquées de façon vivante l'histoire dynastique, les réalisations scientifiques, l'activité culturelle, sociale et sportive, ainsi que la vie quotidienne de ce petit pays de rêve, le visiteur a l'impression de déambuler dans certaines rues pittoresques de Monaco et de Monté-Carlo. Cette agréable promenade achemine le visiteur vers le lieu du spectacle qui en sera l'attraction principale.

Débouchant sur un curieux jardin coiffé d'une sorte d'immense parasol, le visiteur peut alors contempler pendant une quinzaine de minutes inoubliables un court métrage d'une grande beauté qui complétera par la couleur, le son et le mouvement l'image merveilleuse de la joie de vivre dans la Principauté de Monaco.



à suivre...